En France comme en Allemagne, les labs fleurissent. Mais est-il vraiment indispensable pour un assureur de disposer d’un lab ? “Tous les assureurs n’ont pas forcément besoin d’un lab. Mais ils ont cependant besoin de nouvelles compétences, de nouveaux réseaux et de davantage de contacts avec les start-up. D’ailleurs, créer un lab tout seul, sans contact avec d’autres écosystèmes, n’a absolument aucun sens”, atteste Christian Mylius, partner et managing director au sein d’EY Innovalue.
Pourtant, avant 2016, la quasi-totalité des labs d’assureurs allemands étaient bien des entités internes. S’ils ont parfois été remaniés et rebaptisés, ces labs internes existent toujours, adossés à Allianz, Ergo, AXA Allemagne, Munich Re, Talanx ou encore W&W. Ils peuvent néanmoins être difficiles à identifier, noyés dans un écosystème d’entités estampillées “innovation”. Par exemple, à Cologne, l’AXA Transactional Business (AXA TRB) a été fondé en 2015, avant l’AXA Data Innovation Lab (2017) et après l’AXA Innovation Campus (2014). Du côté d’Allianz à Munich, le lab d’origine, Allianz Digital Accelerator, a finalement été converti en fonds d’investissement dans des start-up et rebaptisé Allianz X. Tandis qu’un nouveau lab a été créé, Allianz Global Digital Factory, dédié à l’innovation en faveur des clients les plus importants du groupe.
Problème de recul
Quel est alors l’objectif de ces innovation labs ? “Nous essayons de soutenir l’entreprise dans la construction d’une démarche plus orientée vers le client et d’une organisation plus agile. 70% de notre temps est consacré à la recherche de nouveaux produits et services, et le reste à travailler sur de nouveaux modèles d’entreprise”, observe Albert Dahmen, responsable de l’équipe d’AXA TRB.