Intelligence artificielle : ne laissons pas passer le train !

Image à la une de l'article Intelligence artificielle : ne laissons pas passer le train !
Le surgissement de l’intelligence artificielle à un moment clé du développement de l’économie de la connaissance - que les pays occidentaux appellent de leurs vœux depuis 20 ans - apporte aujourd’hui un nouveau tournant à ce projet de société. Le point de vue de Jacques Richier, PDG d'Allianz France.
Cet article vous est proposé gratuitement par la rédaction.
Lancez votre essai gratuit de 15 jours pour découvrir l’ensemble de nos contenus

C’est un fait que nos sociétés ont conçu l’avènement de l’économie de la connaissance comme le 4ème niveau de la création de valeur économique, après la révolution agricole, industrielle, et celle des services. Ce devait être un aboutissement : celui d’un niveau de compétence élevé généralisé. Dans cette optique, les jeunes ont été formés de plus en plus longtemps, atteignant les portes du monde du travail de plus en plus diplômés. Les développements actuels de l’intelligence artificielle constituent un virage, qui fait entrer l’économie de la connaissance dans une nouvelle ère.

Nos modèles d’entreprise eux-mêmes ont évolué dans le même sens : la fabrication, qui en était la clé, a été remplacé petit à petit par l’innovation et la conception, devenues les vraies sources de différenciation et de création de valeur sur le long terme. La première leçon que nous devons tirer de cette évolution est la suivante : dans l’économie de la connaissance, les  nouveaux modèles d’entreprise doivent évoluer rapidement sous peine de disparition. L’intelligence artificielle est un des catalyseurs de cette évolution.

Anticipation des nouveaux services

La question qui se pose à nous, entrepreneurs et citoyens est donc la suivante : comment saisir cette opportunité offerte par l’intelligence artificielle d’entrer maintenant dans la nouvelle économie de la connaissance ?  Comment en faire un élément de compétitivité et de différenciation français ? Si nous voulons en être, quel rôle les entreprises ont-elles à jouer ? 

A partir du moment où l’on reconnaît que l’intelligence artificielle incarne un volet important de l’économie au 21ème siècle, alors il n’y a pas à hésiter : il faut s’engager !

Tout doit être mis en œuvre au niveau national pour que notre pays s’approprie cette opportunité. Cela passe par une vraie prise en compte des enjeux, la mise en place de formations appropriées pour faire monter les talents en compétence, et l’anticipation des nouveaux services apportés par l’intelligence artificielle au quotidien, dans l’univers professionnel comme domestique.

L’ampleur du bouleversement a bien été saisie en France et en Europe. A présent, il faut agir et se donner des moyens à la hauteur de l’enjeu historique. Nous courons un  vrai risque à nous laisser paralyser par des débats stériles de type « pour ou contre l’intelligence artificielle » au lieu de nous demander « quels moyens se donner pour rivaliser avec les milliards de dollars investis chaque année par les Etats-Unis et la Chine pour faire de l’Intelligence Artificielle un élément de croissance responsable ? ». Faute de se poser cette question, dans 10 ans, notre pays n’aura aucune chance de soutenir la comparaison avec ceux qui ont embarqué l’intelligence artificielle de manière industrielle.

A l’évidence, c’est à l’échelle européenne que la bataille de l’intelligence artificielle pourra se gagner. L’Europe veut rayonner comme un continent compétitif selon un modèle alternatif qu’elle entend faire valoir. La France a les meilleurs experts de l’intelligence artificielle à valoriser. Elle doit être un des leaders au sein de l’Union européenne à s’emparer de ce sujet. Ce serait une erreur de ne pas saisir pleinement cette opportunité !

Pourtant, à l’heure de ce rendez-vous crucial, force est de constater que l’on persiste à aborder l’intelligence artificielle sous les angles réglementaires et éthiques.

S’il faut, en effet, être un acteur du cadre réglementaire qui est en train de se fixer en ce moment, l’Europe ne doit pas dépenser l’essentiel de son énergie à encadrer le développement de l’intelligence artificielle, mais bien plutôt à l’encourager. Oui, l’éthique des algorithmes « apprenants » est un vrai sujet de société, et la CNIL s’en est emparé : elle a publié ses recommandations en fin d’année dernière. Considérons comme une chance cette vigilance particulière qui caractérise la réglementation française. Elle apporte déjà de vrais garde-fous à bien des peurs brandies lorsque l’on évoque l’intelligence artificielle.

Ne laissons pas la peur de l’inconnu nous rendre aveugles aux opportunités majeures ouvertes par l’intelligence artificielle ! Agissons dès maintenant de façon volontaire. C’est maintenant que l’Europe doit travailler au développement de l’intelligence artificielle et à la montée en capacité de ses futurs acteurs.

Demandons-nous en priorité quels moyens mettre sur la table pour ne pas laisser passer le train. Soyons parties prenantes du développement de l’intelligence artificielle ! Mettons en route un vrai écosystème de l’innovation autour de l’intelligence artificielle ! Soyons courageux, ambitieux et humains.

Côté entreprises, avançons en pleine conscience de notre responsabilité : celle de développer les nouveaux services grâce à l’intelligence artificielle, intégrons-la activement à nos opérations tout en nous souvenant que nous avons à inventer une nouvelle complémentarité entre l’homme et la machine.

Juste tarification

Dans mon secteur d’activité comme bien d’autres, une chose est sûre : si l’on ne sait pas ce que sera le modèle de l’assurance demain, il est certain en revanche qu’il sera transformé par l’intelligence artificielle. Alors anticipons  son impact sur les métiers, transformons les tâches au quotidien, là où les métiers sont appelés à évoluer, installons les collaborateurs dans de nouveaux processus opérationnels et faisons de l’intelligence artificielle un vrai sujet de transformation et de service augmenté !

Disons-le sans crainte : l’Intelligence artificielle est une forme de progrès, et comme tout progrès, elle interroge. Il est naturel de prêter à tout progrès aux contours par définition inconnus des contenus multiples dont certaines font évidemment débat. Saisir les progrès proposés par l’intelligence artificielle demande un effort pour ne pas s’arc-bouter d’abord sur les sujets d’inquiétude, mais de considérer sereinement ce que l’intelligence artificielle nous fait gagner en tant qu’individu ou collectivité en termes d’intelligence.

Les entreprises testent déjà dans différents domaines des solutions basées sur le « machine learning » pour analyser son impact et améliorer la rapidité d’exécution dans les parcours clients. Pour mon métier d’assureur, au cœur duquel se trouve la tarification des risques, l’on peut s’attendre à ce que le machine learning nous rende plus intelligent à l’avenir dans la compréhension des risques et leur juste tarification au bénéfice de chacun.

C’est une belle avancée, sachons l’accueillir pour ce qu’elle est : un progrès !

Vous avez une information à nous partager ?
Nos autres services
Research
La réalisation d'études sur-mesure : benchmark, panorama, newsletter personnalisée, contenus en marque blanche.
En savoir plus
Formations
Nos formations & masterclass : des formats courts pour le management, le coaching de dirigeants, la montée en compétence de profils junior.
En savoir plus
Events
Des conférences d'une demie journée dédiées aux problématiques du secteur et ouvertes à l'ensemble de l'écosystème.
En savoir plus
Ce que vous devez absolument lire cette semaine
Les contenus essentiels de la semaine sélectionnés par la rédaction.
Voir tout
Varo boucle sa Série G de 123,9 millions de dollars malgré ses pertes
Après une année 2025 difficile, le challenger états-unien Varo a bouclé une Série G de 123,9 millions de dollars valorisant la société à 1,1...
3 février 2026
Amundi accélère sur la distribution digitale
En ligne avec son plan stratégique 2025-2028 présenté en novembre, Amundi accélère sur le numérique. À l’occasion de la publication de ses...
3 février 2026
PayPal remanie sa gouvernance pour rassurer les marchés
Un peu plus de deux ans après sa nomination, le PDG de PayPal, Alex Chriss, est poussé vers la sortie. Si le conseil d’administration a reconnu que “des progrès...
3 février 2026
Josy Soussan quitte les affaires publiques de Klarna pour Mastercard
Josy Soussan, responsable des affaires publiques du Suédois Klarna, a annoncé le 2 février avoir rejoint Mastercard pour y occuper les mêmes fonctions. Avant Klarna...
2 février 2026
Les articles les plus consultés du mois sur mind Fintech
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
Ce sur quoi les lecteurs cliquent le plus le mois dernier.
1
Akur8 rachète Matrisk AI et enrichit son aide à la tarification
Après la solution logicielle de reserving (provisionnement) Arius en 2024, Akur8 a annoncé une nouvelle acquisition. La plateforme française d’aide à la...
6 janvier 2026
2
Fintech : les grandes tendances 2026
Fini le temps des promesses, place à l’ère de l’exécution. En 2026, la fintech délaisse la course aux volumes pour se focaliser sur l’essentiel : des...
29 janvier 2026
3
Assurance animale : Cécile Mérine est nommé directrice France de Pinnacle Pet Group
Le groupe Pinnacle Pet, spécialiste de l’assurance santé animale, nomme Cécile Mérine au poste de directrice France. Elle supervise désormais les...
22 janvier 2026
4
Stoïk boucle une augmentation de capital de 20 millions d’euros
Le spécialiste de la cyberassurance Stoïk lève 20 millions d’euros en Série C. La start-up utilisera ces fonds afin de poursuivre son expansion européenne, développer de nouveaux outils de...
20 janvier 2026
5
Alan atteint 150 000 membres en Belgique grâce à Belfius
En septembre 2024, l’assureur santé en ligne Alan annonçait l’entrée à son capital du bancassureur belge Belfius. Une opération capitalistique...
7 janvier 2026
6
Allianz s’allie à Anthropic pour déployer des agents d’IA
L’assureur Allianz s’associe à Anthropic, éditeur de la famille de LLM Claude, pour accélérer l’adoption de l’IA responsable au sein de la...
12 janvier 2026