Où en est le développement de Tink en France ?
Nous avons ouvert le bureau à Paris en mai 2019 et consacré les premiers mois à nous faire connaître, notamment en participant des évènements du secteur. En parallèle, il a fallu réaliser les développements permettant de déployer la plateforme d’open banking sur la France. En priorité, sur le périmètre couvert par la DSP2 des comptes de paiement, puis dans un second temps au-delà. La plateforme a été accessible fin janvier 2020 avec une dizaine de banques principales connectées en DSP2, pour l’agrégation (pas encore pour l’initiation de virements), qui couvrent au moins 90% des comptes principaux. Cela nous a permis d’accélérer les démarches commerciales et de signer un premier client, qui sera en production d’ici quelques semaines. Nous sommes aussi en discussions très avancées avec plusieurs acteurs.
Nous allons désormais accélérer les développements pour élargir la couverture des banques en France sur l’agrégation des comptes de paiement dans le cadre de la DSP2 – en commençant par les néobanques. Puis, nous lancerons prochainement la couverture hors de la DSP2, toujours avec une technologie toujours en API. Nous ne faisons pas de scraping, mais du reverse engineering.
L’objectif à terme est de couvrir 90 à 95% du marché, mais sur un périmètre plus large que celui des comptes de paiement, pour inclure les prêts, investissements, cartes de crédit… La signature de notre premier client va accélérer les choses.
Quel est l’avantage du reverse engineering ?
Le scraping consiste à se connecter à des pages web et à récupérer l’information. L’avantage, c’est que c’est facile à mettre en place. Mais c’est aussi très instable ; dès que la banque modifie un champ dans une page web, le scraping tombe et il faut le rétablir. Par ailleurs, le scraping supporte mal la double authentification et le rafraîchissement des informations prend du temps. Avec le reverse engineering, on se connecte via APIs sur les applications mobiles. La double authentification est supportée et la connexion est stable. Il nous faut simplement le consentement de l’utilisateur, qui se connecte directement. Le reverse engineering demande plus de technicité pour la mise en place, mais c’est plus stable et plus rapide. L’information n’est téléchargée qu’une seule fois puis on ne récupère que la donnée marginale, donc les temps de réponse sont meilleurs et l’expérience client est améliorée [par contre, avec cette méthode, Tink n’accède qu’aux informations disponibles sur les applications mobiles, parfois plus limitées que sur les sites, notamment concernant les produits plus complexes comme les contrats d’assurance-vie, les crédits ou les comptes-titres, ndlr].
Quand proposerez-vous l’initiation de virements ?
Ce n’est pas encore en production en France, car de manière générale, les banques ne sont pas toutes matures sur le sujet.