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Robinhood
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Public.com
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Le contexte
En 2013, Vlad Tenev et Baiju Bhatt ont cofondé Robinhood, une application de trading. Au-delà de la migration de l’investissement boursier vers le smartphone, Robinhood s’est démarqué des banques traditionnelles et des courtiers en ligne sur les tarifs annoncés. Les cofondateurs ont constaté que les frais acquittés par les investisseurs institutionnels ne représentaient qu’une petite fraction de ceux réglés par les particuliers. C’est pourquoi Robinhood a introduit un modèle de trading sans commission, dans le but de “démocratiser la finance pour tous”.
Mais “sans commission” ne veut pas nécessairement dire sans frais et ne veut surtout pas dire “sans condition”. La formule, attractive, a toutefois été reprise par les acteurs qui se sont lancés à la suite de la fintech, comme Public.com ou Webull aux États-Unis. Par ailleurs, Robinhood a rencontré un tel succès que les courtiers en ligne traditionnels ont dû s’aligner sur le “sans commission”. Ce changement de business model généralisé a mené à une consolidation du marché matérialisée par le rachat de TD Ameritrade par Charles Schwab en novembre 2019 et l’acquisition d’E*Trade par Morgan Stanley annoncée trois mois plus tard.
Sur le Vieux continent, on retrouve parmi les pure players les Allemands Scalable Capital et Trade Republic, qui propose des ordres à 1 euro, l’Autrichien Bitpanda, le Britannique Lightyear, ou encore le Français Shares, dernier arrivé, qui mise sur le social trading pour faire sa place. Le Néerlandais Bux, qui propose des ordres gratuits à condition qu’ils soient exécutés durant la dernière heure de la séance boursière, a été racheté par ABN Amro en 2024. Le Britannique Freetrade a connu un destin similaire, racheté par IG Group en 2025. À l’instar des acteurs américains, les nouveaux entrants ont amené certains courtiers en ligne à proposer des offres sans commission tels qu’eToro, Trading 212 ou De Giro.
Ces applications de trading se sont lancées dans un contexte économique de taux bas qui poussait les particuliers à se diriger vers des produits financiers risqués. Les particuliers perdant du pouvoir d’achat avec des produits financiers sécurisés, l’investissement en Bourse a pu devenir une solution alternative. Ces néocourtiers veulent aussi répondre au besoin d’épargne à long terme et mettent fréquemment en avant la préparation de la retraite.
Au-delà de ces constats macroéconomiques, la crise sanitaire a également joué un rôle dans la croissance des applications de trading sans commission. Le CARES Act (Coronavirus Aid, Relief, and Economic Security Act), la loi américaine qui s’est traduite, entre autres, par l’envoi de chèques pouvant aller jusqu’à 1 200 dollars par adulte et 500 dollars par enfant, a favorisé les achats d’actions et d’ETFs, selon une étude d’Envestnet Yodlee, facilités par les offres sans commission.