Le groupe BPCE ne cache pas ses ambitions dans l’univers du paiement. Le groupe a réuni au début de l’année toutes ses activités de paiement, jusqu’ici disséminées dans diverses entités, au sein d’une ligne métier de sa filiale Natixis. A cette occasion, S-money, filiale dédiée à l’innovation dans le paiement, est ainsi passée sous l’égide de Natixis… Tout comme les trois start-up qu’elle avait acquises, Lepotcommun (octobre 2015), Depopass (mai 2016) et E-cotiz (octobre 2016). Depuis, la nouvelle entité a annoncé le rachat de PayPlug, en avril 2017, et celui de Dalenys, pas encore finalisé, en juin. Si les acquisitions ont toutes été bouclées dans l’objectif de renforcer la force de frappe du groupe dans le paiement, elles recouvrent des stratégies bien distinctes. Bilan de deux années de rachats.
Clients de S-money
La ligne métier paiement et pré-paiement de Natixis est désormais organisée en trois “business units”, explique Catherine Fournier, CEO : le prépayé, les solutions aux particuliers et les services aux marchands. C’est pour renforcer le premier pôle que S-money a racheté Lepotcommun en 2015. D’abord, parce que “le prépayé permet de toucher des clients finaux qui n’ont pas forcément de comptes bancaires chez BPCE”, note Catherine Fournier. Ensuite, parce que le groupe y a vu un énorme potentiel. “Il y a deux ans, seuls 30% des Français disaient avoir déjà utilisé une cagnotte, donc le potentiel d’usage est très important”, décrit la CEO. De par leur modèle purement BtoC, les services de cagnotte exigent des financements conséquents pour développer leur notoriété. Pas étonnant donc si un mois après le rachat du Pot Commun par BPCE, Leetchi tombait entre les mains de Crédit Mutuel Arkéa…
Si S-Money a repéré Le Pot Commun, c’est parce que la start-up passait par la filiale de BPCE pour gérer ses paiements. “Nous n’étions pas vendeurs et nous étions sur le point de lever des fonds quand S-money nous a approchés, se souvient Ghislain Foucque (photo), cofondateur.