Les acteurs du paiement mobile en Allemagne ne manquent pas… mais ne se bousculent pas pour communiquer sur leurs différentes solutions. Car le m-paiement est loin d’être un succès outre-Rhin. Peu d’acteurs sont donc rentables et publier des chiffres sur le nombre de ses utilisateurs est peu flatteur.
Si le paiement mobile ne rencontre pas son public en Allemagne, c’est d’abord lié au fait que la population privilégie les paiements en liquide. Un biais culturel à ne pas sous-estimer : parmi les préférences de paiement des Allemands, le cash arrive loin devant (72%), suivi du virement (54%), de la « EC-Karte » (carte de paiement, 48%), du paiement en ligne (42%), du prélèvement (32%), de la carte de crédit (29%), de la carte de crédit sans contact (7%), et enfin du smartphone (5%), selon l’étude sur le paiement mobile réalisée en 2017 par PwC.
« Les Allemands ne sont pas vraiment prêts à utiliser le paiement mobile de leur plein gré. D’abord parce qu’ils n’ont presque aucun avantage à le faire, mais aussi parce que, culturellement, les Allemands utilisent spontanément l’argent liquide. Par ailleurs, les terminaux de cartes bancaires sont aujourd’hui très rapides, et le gain de temps ne constitue plus un argument de poids », estime Nikolas Beutin, associé et directeur Customer Practice chez PwC Allemagne. Avant d’ajouter : « pour tout paiement mobile, il est indispensable d’associer une carte de crédit. Mais les Allemands n’utilisent majoritairement que des cartes de paiement, les EC-Karte ».
Pour démocratiser son utilisation, le cabinet d’audit a identifié plusieurs facteurs clés de succès : rassurer les utilisateurs sur la sécurité et la protection des données, facturer des frais moins importants que les autres moyens de paiement, délivrer un service simple et rapide, diminuer le nombre d’étapes (PIN ou de mots de passe), ou encore proposer des services attractifs.