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Olivier Herbout
Cofondateur et directeur général Ramify depuis janvier 2021
- La wealthtech connaît une industrialisation portée par deux forces. D’un côté, l’adoption institutionnelle de la blockchain encadrée par MiCA. De l’autre, un transfert de 10 000 milliards de dollars d’ici 2030, dont 3 000 milliards d’euros en Europe, principalement des baby-boomers vers la génération X.
- Les plateformes comme RockFi ou Shares automatisent le back-office des conseillers en gestion de patrimoine. Objectif : réduire les tâches administratives et combler le fossé technologique. 53 % des acteurs peinent encore à personnaliser leurs communications clients.
- La fragmentation numérique ouvre les marchés privés (immobilier, private equity) à la clientèle mass affluent avec des tickets d’entrée abaissés. Le marché des actifs réels tokenisés pourrait atteindre 18,9 milliards de dollars d’ici 2033, selon le BCG et Ripple.
Contexte
La wealthtech entre en 2026 dans une phase d’industrialisation. Deux forces convergent : l’adoption institutionnelle des technologies blockchain, notamment sous l’impulsion du règlement MiCA, et une transformation démographique qui redessine le marché.
Les chiffres sont évocateurs. Environ 10 000 milliards de dollars d’actifs devraient changer de mains d’ici 2030 à l’échelle mondiale, dont 3 500 milliards de dollars (près de 3 000 milliards d’euros) spécifiquement en Europe, rappelle une étude de Seismic. Ce transfert, principalement issu des baby-boomers (62-80 ans), devrait surtout bénéficier à la génération X (43-58 ans), avec un âge moyen des héritiers européens autour de 65 ans, souligne Marieke Blom, cheffe économiste chez ING.
Autre signe : l’institutionnalisation des actifs numériques. La capitalisation des stablecoins a franchi les 280 milliards de dollars en 2025, selon la BCE, en parallèle de l’intégration progressive des actifs réels tokenisés (RWA) dans les produits financiers réglementés.
Olivier Herbout, président de Valhyr Capital et directeur général de Ramify, observe un renversement complet. “À notre arrivée [en 2021, Ndlr], la wealthtech était un “cimetière à licornes”. Ces deux dernières années, c’est devenu un “hot topic” pour les investisseurs […]. Ils réalisent que, structurellement et démographiquement, un gros changement arrive : on parle du plus grand transfert de richesse de tous les temps”.
Pourquoi c’est important ?
L’enjeu ? Combler le fossé entre les infrastructures actuelles et les attentes d’une clientèle en mutation.