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Benjamin Pedrini
Cofondateur et directeur général Epsor depuis octobre 2017
Cet article a été modifié le 21 juillet 2021 à la suite de précisions apportées par Natixis Interépargne.
Fin 2020, 341 000 entreprises étaient équipées de dispositifs d’épargne salariale (+4 % par rapport à 2019), soit 11,2 millions de salariés bénéficiaires, selon l’Association française de gestion financière (AFG). Les encours d’épargne salariale s’élevaient à 147 milliards d’euros (+1,5 %), dont 22,5 milliards d’euros d’épargne retraite.
Les dispositifs d’épargne entreprise, qui entendent à la fois associer les salariés aux résultats de l’entreprises, les fidéliser, ainsi qu’attirer de nouveaux talents tout en bénéficiant d’avantages fiscaux, sont soutenus par l’Etat. Dernières législations venues inciter les entreprises à mettre en place les mécanismes de participation, d’intéressement ou encore d’abondement, la loi Pacte (à partir de 2016) et, plus récemment, la loi d’accélération et de simplification de l’action publique (ASAP), qui ciblent les PME, et notamment les entreprises de moins de 50 salariés.
C’est dans ce cadre que se sont lancés plusieurs nouveaux acteurs sur le segment de l’épargne salariale pour les TPE/PME depuis 2017, tels qu’Epsor, courtier en épargne salariale qui a réalisé une levée de fonds de 20 millions d’euros en mai 2021, Filib, qui s’est spécialisé dans la téléconsultation financière, ou encore Go ! Epargne entreprise, dernier lancé (2018), né d’un partenariat avec AXA Epargne entreprise.
Financement des nouveaux entrants
Filib, cofondée par l’ancien directeur général d’Aviva, Nicolas Schimel, a réalisé un tour d’amorçage de 500 000 euros en septembre 2019 auprès d’investisseurs privés. La même année, Go ! Epargne entreprise a levé 1,2 million d’euros auprès de ses investisseurs historiques, le Groupe Henner et Cedrus & Partners.
Quant à Epsor, la société a réalisé un premier tour de table de 1,3 million d’euros en novembre 2018 auprès de Partech et de business angels. Elle a ensuite levé 6 millions d’euros en juillet 2019, dans un tour mené par BlackFin Tech, avant de réaliser un troisième cycle de financement en mai 2021 à hauteur de 20 millions d’euros. Gaia Capital Partners a mené ce tour de financement, accompagné du fonds anglais Augmentum Fintech et de ses investisseurs historiques Partech et BlackFin Tech.
Une transformation du secteur entamée il y a 4 ans
En plus de la législation, les nouveaux entrants expliquent leur arrivée par l’inertie du marché de l’épargne salariale. Pour Benoit Magnier, CEO de Go ! Epargne entreprise, “le marché de l’épargne salariale est cartellisé par quatre acteurs qui possèdent plus des trois quarts du marché” (Crédit Agricole, Natixis Interépargne, Crédit Mutuel et Société Générale). Côté Epsor, Benjamin Pedrini parle d’ “oligopole” dont les groupes bancaires traditionnels sont à la tête, renforcé à la fois car ils sont déjà aux côtés des entreprises avant la mise en place de dispositifs d’épargne salariale en tant que fournisseurs de services bancaires et qu’en plus, pour la plupart, ils ne proposent que des fonds qu’ils gèrent.

Cet oligopole auto-alimenté serait ainsi à la base d’un manque d’innovation antérieur à la loi Pacte. “Il y a eu, depuis trois ou quatre ans, plus de prises d’actions pour faire les choses différemment, que durant les quinze années précédentes”, déclare Benjamin Pedrini. Frédéric Lenoir, directeur expérience client chez Natixis Interépargne, estime quant à lui que “l’arrivée des fintech a été un accélérateur d’innovations dans la transformation digitale que le secteur bancaire a su conduire”.
Barrières à l’entrée
Contrairement aux services de paiement, de financement ou d’assurance, le segment de l’épargne salariale n’a pas été attaqué de front par une multitude d’acteurs. Et pour cause, “le marché est assez bien tenu car les marges ne sont pas très élevées et que prendre des parts de marché est un processus long.