-
Treezor
API, banking-as-a-service
-
Xpollens
banking-as-a-service
-
Okali
banking-as-a-service, paiement en ligne
-
Adyen
paiement en ligne, paiement en magasin, paiement mobile
-
Jean-François Guillaumin
Directeur général France Solaris depuis mars 2021
Le Banking-as-a-Service est-il un modèle risqué ? Les sanctions prises par des régulateurs à l’encontre de la plupart des plateformes européennes d’envergure (voir encadré) peuvent le laisser penser. Le segment est en tout cas dans le viseur de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Lors d’une réunion de place sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LCB-FT) en juillet 2024, l’ACPR a ainsi présenté un “point d’attention sur le Banking-as-a-Service”, soulignant les principaux risques associés et décrivant ses attentes à l’encontre des plateformes : un KYC complet des clients finaux, un contrôle interne et une surveillance des distributeurs, le traitement rapide des alertes… “C’est en effet un modèle relativement risqué, confirme Jean-Christophe Cabotte, directeur adjoint de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (LCB-FT) de l’autorité de régulation, dans une interview accordée à mind Fintech. D’abord, par la multiplicité des intervenants et le risque de dilution de la responsabilité et parce que c’est un secteur en pleine innovation, très concurrentiel, et qui mise beaucoup sur l’UX, ce qui pousse à favoriser des onboardings plus rapides et à accepter davantage de profils risqués.”
Nicolas Benady, CEO de la plateforme Swan, qui traite désormais plus d’un milliard de paiements par mois, le reconnaît : “la gestion des risques est un sujet majeur pour n’importe quel établissement financier, mais encore plus pour les plateformes de Banking-as-a-Service qui disposent de canaux de distribution indirects”. Chez l’Allemand Solaris (ex-Solarisbank), Jean-François Guillaumin, directeur général France, assure que le risque est avant tout “lié à la nouveauté du modèle et à des croissances rapides”.
Le scandale de Wirecard et la chute de Synapse, emblèmes du risque sur le secteur
Deux chutes retentissantes d’acteurs du secteur ont alimenté les inquiétudes des régulateurs concernant le segment du BaaS. D’abord, le scandale de Wirecard en 2020, une entreprise détenant une licence bancaire complète auprès de la BaFin, qui fournissait des services de paiement à environ 300 000 clients. La révélation d’une fraude massive a mis en lumière des failles majeures dans la gouvernance de l’entreprise et a remis en question le rôle du régulateur allemand. Cet événement a fortement terni l’image du secteur fintech, poussant la BaFin à renforcer ses contrôles, comme l’illustrent les restrictions imposées par la suite à Solaris et N26 en Allemagne.
Outre-Atlantique, l’effondrement de Synapse a soulevé d’autres préoccupations – cette fois non pas sur la gestion LCB-FT mais sur la dépendance des clients envers leur plateforme de BaaS. La société, qui permettait à des clients d’intégrer des services bancaires, avait levé plus de 50 millions de dollars pour se financer. Mais, mise en difficulté en 2023, elle se place sous le chapitre 7 de la loi sur les faillites en avril 2024, laissant ainsi ses clients en difficulté. Plusieurs fintech ont été contraintes de suspendre leurs comptes et cartes, et les fonds de leurs clients sont restés bloqués. En Europe, des événements similaires ont eu lieu en 2023 avec PayrNet, filiale de Railsr, lorsque le régulateur a suspendu l’intégration de nouveaux clients finaux avant de révoquer sa licence. Cette situation a forcé certains acteurs, comme LinkCy, en France, à migrer vers d’autres prestataires tels que Paynovate. Ces incidents soulignent la dépendance des clients vis-à-vis de leur plateforme de BaaS.
Un autre élément ajoute de la complexité. Hormis Okali, les plateformes de BaaS englobent à la fois l’agrément et le core banking system. “Nous nous retrouvons parfois en concurrence avec des entités qui ne sont pas régulées, sur le core banking system par exemple, avance André Gardella, CEO de Treezor (groupe Société Générale). Ainsi, si Treezor gère l’émission de cartes pour une entité déjà régulée, et sous la licence de celle-ci, alors nous pouvons être en concurrence directe avec des SSII. Treezor aura alors des obligations que ses concurrents n’ont pas. Cela ajoute de la complexité mais cela contribue également à lutter plus efficacement contre la fraude ou le blanchiment.”
Alison Alonso, directrice générale d’Okali, tempère. “Ce qui était risqué il y a dix ou quinze ans, c’était le secteur fintech au sens large, car il s’agissait de nouveaux cas d’usage et de nouvelles clientèles.