La France a la réputation d’être en retard en Europe, concernant les délais d’accès aux médicaments innovants. Une réputation étayée par les chiffres de l’observatoire du Leem, qui indique que fin 2022, 34% des médicaments ayant reçu une autorisation de mise sur le marché au niveau européen entre 2018 et 2021 n’étaient pas disponibles en France, dont un tiers étaient toujours en cours d’évaluation ou de négociation, contre 13% en Allemagne. Toujours selon le Leem, le délai d’accès moyen aux nouveaux médicaments est plus élevé en France : 508 jours, soit 380 jours après les Allemands, 179 jours après les Anglais, 72 jours après les Italiens mais 121 jours avant les Espagnols.
Cependant, ces délais ne concernent pas les accès précoces, pour lesquels la France se montre particulièrement performante. Selon les derniers résultats de l’Observatoire européen des délais d’accès aux médicaments (cf. notre encadré sur sa méthodologie) 83% des médicaments apportant un progrès thérapeutique ont fait l’objet en France d’un accès dérogatoire précoce, ce qui a permis à des patients en situation d’impasse thérapeutique de bénéficier de ces innovations plus rapidement.