AIforHer : un défi pour confronter les IA dans la détection du cancer du sein

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L’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO) et les laboratoires Astrazeneca et Daiichi Sankyo ont lancé un appel à solutions pour identifier les meilleures solutions d’IA dans la détection d’un biomarqueur prédictif du cancer du sein. Au-delà de l’aspect technologique, ce challenge porté par l’accélérateur Impulse by ICO veut mesurer l’acceptabilité de ces solutions par les anatomopathologistes. 
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L’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO), en partenariat avec le GEFPICS (Groupe d’Étude des Facteurs Pronostiques Immunohistochimiques dans le Cancer du Sein) et les laboratoires pharmaceutiques Astrazeneca et Daiichi Sankyo ont annoncé le 3 septembre le lancement du défi d’innovation AIforHer. L’objectif de cet appel à solutions est d’évaluer simultanément la performance et l’usage de plusieurs algorithmes d’IA capables de scorer le biomarqueur HER2, dont l’amplification ou la surexpression concerne 10 à 15 % des cancers du sein. 

Morgane Menard, la responsable d’Impulse by ICO, l’accélérateur d’innovation en oncologie de l’ICO.
Morgane Menard, responsable d’Impulse by ICO, l’accélérateur d’innovation en oncologie de l’ICO

Ce travail de repérage d’HER2 est déjà mené par les anatomopathologistes, mais le challenge technologique vise à identifier des niveaux de faible à très faible expression de ce biomarqueur. “À de tels niveaux, les diagnostics sont soumis à beaucoup de variabilité inter-observateurs. Or, l’ASCO (l’American Society of Clinical Oncology, ndlr) a intégré cette classification d’intensité de marquage “low / extra low” dans ses nouvelles recommandations. Le groupe d’experts français du GEFPICS s’en est également saisi”, explique à mind Health Morgane Menard, la responsable d’Impulse by ICO, l’accélérateur d’innovation en oncologie de l’ICO. Aux côtés d’Impulse by ICO, qui porte le projet AIforHer, les laboratoires partenaires Astrazeneca et Daiichi Sankyo, tous deux impliqués dans les thérapies anti-HER2, ont aussi vu dans ce challenge la possibilité de proposer des traitements à des patients qui en sont aujourd’hui exclus, grâce à des IA qui permettent d’atteindre des niveaux plus fins de détection. 

Les critères de sélection des start-up

“Dans nos critères de sélection, nous nous intéressons aux solutions d’IA qui ont déjà un algorithme soit marqué CE, soit qui sont en passe de le définir. L’objectif du challenge est de choisir parmi la multitude de solutions d’IA présentes sur le marché quelles sont les plus performantes, mais surtout de les voir fonctionner dans les mains des anatomopathologistes, pour qu’ils les adoptent demain dans leurs diagnostics”, résume Morgane Menard, qui constate qu’il y a “encore peu d’utilisation en routine clinique de ces solutions d’IA, même dans les centres hospitaliers qui ont numérisé leurs lames histologiques”. 

Ouverte le 17 juillet dernier et se terminant le 7 septembre, la phase de sélection des start-up, qu’elles soient françaises, européennes ou internationales, est désormais presque close et doit aboutir mi septembre à l’identification de 4 à 6 start-up. Ces dernières seront dans un premier temps soumises à une analyse de la performance de leur algorithme, menée par des groupes d’experts. “Les experts de l’ICO vont être appuyés par deux groupes d’experts, issus du groupe français GEFPICS en anatomopathologie et d’un laboratoire central, qu’on appelle le LabCorp. Nous avons donc fait appel à deux gold standards, qui vont nous permettre d’être la référence dans cette pratique d’évaluation”, détaille Morgane Menard. À l’issue de cette première étude, qui repose sur une cohorte rétrospective multicentrique de 300 cas de cancer du sein afin d’évaluer la robustesse des solutions face à la variabilité des pratiques, une seconde phase du challenge sera, à partir du mois de novembre, dédiée à l’usage sur le terrain des solutions, mises entre les mains des anatomopathologistes. “Fin février ou début mars 2026 seront enfin révélés les deux start-up lauréates”, complète Morgane Menard.

Un “plan de récompense”

Les deux meilleures start-up du challenge bénéficieront du plan de récompense (cf. figure ci-dessous), qui prévoit “des liens privilégiés avec ICO et les laboratoires AstraZenaca et Daiichi Sankyo. La solution qui sera finalement choisie aura en outre une mise en relation privilégiée avec la HAS, en perspective d’un éventuel remboursement de type RIHN 2.0, qui facilite l’intégration de ces solutions couplées à une thérapie”, explique la responsable d’Impulse by ICO, qui rappelle que “l’ICO dispose aujourd’hui de la première plateforme d’anatomopathologie de l’Ouest qui est totalement numérisée. Cette numérisation a précisément pour but d’intégrer demain ces nouvelles solutions d’IA dans la pratique.” 

C’est toute l’originalité de ce challenge que d’avoir, au-delà d’une sélection purement technologique, misé sur l’acceptabilité par les professionnels de santé de ces solutions d’IA. “La grille de critères semi-qualitatifs que nous avons mise en place se veut pionnière. Elle pourra demain, nous l’espérons, servir de guide aux autorités de santé et aux autres établissements de soins, lorsqu’ils auront à faire le choix de solutions d’IA en anapath”, conclut Morgane Menard. 

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