
Selon une étude publiée en septembre 2024 dans The Lancet, en 2021, 4,71 millions de décès seraient associés à l’antibiorésistance et 1,14 million de décès lui sont directement imputables. À l’horizon 2050, les projections sont encore plus préoccupantes avec plus de 8 millions de décès associés. En réponse, les instances nationales et internationales se mobilisent. À titre d’exemple, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a élaboré la classification AWaRe (Accès – À surveiller – Réserve), pour une utilisation appropriée des antibiotiques en fonction des infections courantes. Datant de 2017, elle est mise à jour tous les deux ans. A l’échelle européenne, une action a été lancée en janvier 2024 avec la European Joint Action on Antimicrobial Resistance and Healthcare-Associated Infections (EU-JAMRAI 2) coordonnée par la France. Cette initiative qui rassemble 120 partenaires dans 30 pays vise à agir pour réduire la résistance aux antimicrobiens selon une approche « One Health ». En France, des mesures sont également en plein déploiement. Pour rappel, l’Hexagone représente le cinquième consommateur d’antibiotiques au sein des pays de l’OCDE d’après les données du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. ″Qui dit grand consommateur d’antibiotiques, dit risque de générer de la résistance faute de préservation des antibiotiques dans leur usage″, rappelle François Lacoste, Senior vice-président Santé publique à l’Institut Mérieux et pilote du Contrat stratégique de filière (CSF) Santé « antibiorésistance ». En réponse, en 2022, le ministre de la Santé de l’époque, Olivier Véran, lançait la Stratégie nationale 2022-2025 de prévention des infections et de l’antibiorésistance (SNPIA) pour la santé humaine. Dans le même esprit, le programme interministériel de maîtrise de l’antibiorésistance, d’une durée de dix ans, a été réactualisé en septembre 2024 autour de cinq volets : mieux sensibiliser le public ; mieux utiliser les antibiotiques ; soutenir davantage la recherche et l’innovation ; renforcer la surveillance ; et réaffirmer l’engagement de la France dans la lutte internationale contre l’antibiorésistance, dans une dimension « One health ».