Après un pic en lien avec la crise sanitaire, le nombre de téléconsultations pratiquées en France a reculé dans les années 2020-2023, avant de repartir à la hausse en 2024 avec 13,9 millions de téléconsultations, soit une progression de près de 20% sur l’année (source : Assurance Maladie, cf. notre encadré). Pour Jordan Cohen, “l’évolution va dans le bon sens, même si elle est plus lente que prévu. Nos cabines de téléconsultation augmentée sont installées dans des déserts médicaux où il y a peut y avoir près de 100 000 patients potentiels, mais où la pharmacie que l’on a équipée ne va faire que 2 à 3 consultations par jour. Cela prouve qu’il y a encore un énorme potentiel de marché à aller chercher”, analyse-t-il. En effet, les 14 millions de téléconsultations de 2024 représentent moins de 3% du nombre total de consultations en France. “Un taux encore très faible, souligne le Dr Pierre Simon, ancien président-fondateur de la Société Française de Télémédecine et cofondateur du think tank Santé Numérique et Télésanté, surtout si on le compare à certains de nos voisins européens, en particulier l’Espagne, qui est à près de 50% de téléconsultations, et l’Italie à plus de 25%”.
Plusieurs pistes existent pour développer la téléconsultation, à commencer par la levée de certains verrous réglementaires.
Le seuil des 20% d’activité, un verrou pour la plupart des acteurs
Selon les textes en vigueur; “un médecin ne peut pas réaliser sur une année civile plus de 20 % de son volume d’activité à distance (téléconsultations et téléexpertises cumulées), puisque, pour la Cnam, “la pratique exclusive de la télémédecine ne saurait garantir une prise en charge de qualité”. Ce seuil des 20% est très largement incompris par la plupart des acteurs de télémédecine, sociétés de téléconsultation en tête.

Pour Elie-Dan Mimouni, co-fondateur & CEO chez MEDADOM : “Ce seuil n’a pas de sens d’un point de vue médical, il est un frein considérable au déploiement de la téléconsultation. Nous avons bon espoir qu’il évolue. Même incompréhension chez Tessan. Son fondateur et CEO, Jordan Cohen, dénonce “une aberration. Début 2023, le président Emmanuel Macron s’était d’ailleurs positionné en faveur de la suppression de ce seuil, mais rien n’a bougé.