Le transfert de technologie fonctionne en France, mais nous pourrions faire mieux. Comparativement à certains autres pays, les projets qui ont donné lieu à des créations d’entreprise connaissent souvent une phase très difficile, juste après la création, pour des raisons de financement. Au-delà des aspects technologiques, il y a donc les questions de développement et de capacité de production qu’il nous faut mieux anticiper, de manière plus précoce. Les médicaments de thérapie innovante sont un exemple typique : les choix technologiques qui ont été faits au moment de la recherche ne vont pas forcément être ceux qui vont être applicables dans un contexte de production.
Il s’agit d’anticiper l’aspect industriel. Une initiative intéressante en la matière est la création par Inserm Transfert et AdBio partners de leur start-up studio AndzonBio. Ici, l’idée est précisément d’associer la partie transfert de technologie incarnée par Inserm Transfert à un investisseur qui a une vision axée sur le développement pour avoir un continuum entre le transfert de tech et la partie industrielle. Cela permet aussi de s’assurer que la start-up sera en mesure de franchir les futurs tours de table.
L’enjeu pour nous est d’abord de faire en sorte que de jeunes start-up puissent devenir des entreprises solides, des PME et éventuellement des ETI. Des initiatives France 2030 comme les bioclusters sont là précisément pour aller tirer les entreprises qui sont naissantes vers des stades de développement plus aval. Aussi, plutôt que de passer du transfert de tech à la création de start-up, comme cela se fait habituellement, une autre stratégie consiste à aller voir les entreprises de taille intermédiaire déjà existantes pour renforcer des portefeuilles de propriété intellectuelle.