Alors que l’expiration des droits de propriété intellectuelle de plusieurs blockbusters pharmaceutiques fait croire en l’existence d’un mur financier pour les laboratoires, la réalité du terrain se révèle plus contrastée. Anticipées de longue date, ces pertes de brevets relèvent d’un cycle industriel maîtrisé, mais ne sont pas sans conséquence sur les négociations tarifaires avec les autorités régulatrices. Regards croisés sur un phénomène complexe avec trois experts : Virgile Grandclaude, conseil en propriété industrielle et mandataire en brevet européen pour le cabinet ICOSA, Roberta Romano-Götsch, porte-parole de l’Office européen des brevets et Matthieu Boudon, responsable Régulation et Financement au Leem.
Virgile Grandclaude (ICOSA) : “La falaise des brevets ne change pas grand-chose à la stratégie des laboratoires”
Quelle influence a la « falaise des brevets » sur la stratégie des laboratoires que vous conseillez ?
Dans les faits, cela ne change pas grand-chose à la stratégie des laboratoires, puisque la perte du brevet, qui dure 20 ans pour les médicaments, est connue à l’avance et largement anticipée par les sociétés pharmaceutiques qui, dès le dépôt, bâtissent déjà leur stratégie R&D et d’acqu
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