La crise sanitaire a-t-elle “simplement” accéléré la numérisation ou assiste-t-on à un changement profond des pratiques ?
Carlos Jaime : Avoir œuvré pour le programme Ma Santé 2022 me permet de constater que les bonnes décisions avaient déjà été prises avant la pandémie avec la mise en place des étapes nécessaires au développement du numérique en santé. Notamment avec le lancement au 1er juillet de l’ENS (Espace Numérique de Santé rebaptisé Mon Espace Numérique de Santé) en phase pilote sur l’Occitanie et la Nouvelle Aquitaine, l’accélération et le bouquet de services pour les professionnels de santé à venir. La crise a permis d’accélérer le développement des usages auprès de ces derniers et des patients, toutes les initiatives initiées trouveront plus facilement leurs clients sur le marché, aussi bien utilisateurs que fournisseurs industriels. La téléconsultation est l’exemple le plus parlant : les médecins ont été contraints pour sauvegarder leur activité de basculer vers de nouveaux usages et ne reviendront pas en arrière.
Comment mieux faire adopter ce nouveau DMP ?
Carlos Jaime : Autant au départ cela a été un échec, autant aujourd’hui c’est un succès. Pas du point de vue de sa structure technique, certes : 95 % de ses informations ne sont pas structurées, au format PDF et par conséquent peu exploitables. Cela a toutefois eu la vocation d’éduquer patients et soignants. La nouvelle version sera un data repository (Meta Base de Données estimée à plus de 300 Peta Octets), un entrepôt de données au final, pseudonymisées ou anonymisées, pour le patient, le soignant et les entreprises qui auront besoin d’y avoir accès.