Comment est née votre appétence pour le quantum computing ? Comment cela a déterminé la création de Quantonation ?
Physicien d’origine, j’ai fait ma thèse avec Alain Aspect avant de faire carrière aux Etats-Unis dans le domaine de l’énergie. J’avais senti qu’il se passait des choses dans le domaine du quantique à Palo Alto, avec de premières start-up qui commençaient à faire parler d’elles dès 2015. L’un des points de départ, selon moi, fut la mise en route de l’ordinateur quantique d’IBM avec seulement quelques qubits [IBM a dévoilé en 2017 sa feuille de route autour des systèmes quantiques “IBM Q”, ndlr]. Cette révolution a permis à l’écosystème de se développer. Je me suis alors intéressé au secteur, d’abord en cofondant la start-up de quantum computing Pasqal, puis en cocréant le fonds Quantonation en 2018 avec Charles Beigbeder et Olivier Tonneau.
Nous sommes spécialisés en early stage sur le quantum et la deep physique (physique avancée). La science quantique permet, notamment, d’imaginer de nouvelles applications en allant au devant de la science dans les laboratoires. Notre ambition dès le départ avec Quantonation était de faire du transfert technologique pour créer des start-up en early stage (phases de préamorçage et d’amorçage) et être en mesure, par la suite, de mener les entreprises à maturité. Quantonation est devenu le plus grand investisseur au monde dans le domaine des technologies quantiques avec 32 start-up dans le portefeuille à date, dont 25 pour le fonds I et 7 pour le fonds II. 90% de notre portefeuille est spécialisé dans le quantique. Certaines sortent du lot, comme Resolve Stroke par exemple, qui fait de l’imagerie acoustique nouvelle génération. Cette technologie intègre à la fois du compute et du sensing (les détecteurs, ndlr), et est fondée sur de la physique innovante. Nous pensons qu’elle peut apporter des gains de performance significatifs.