Comment les établissements innovent à partir des DPI

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Les Dossiers Patients Informatisés (DPI) ont été conçus pour documenter l’état de santé des patients et faciliter leur suivi au sein d’un établissement de santé. Aujourd’hui, ces logiciels sont bien installés dans le paysage hospitalier, constituant une ressource précieuse pour les soignants. Mais la complexité de leur interface et leur manque d’interopérabilité sont souvent deux éléments décriés par les professionnels de terrain. Comment les établissements innovent aujourd'hui pour faire parler les DPI ? À quoi pourrait ressembler le DPI de demain ?
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Contexte

Un Dossier Patient Informatisé (DPI) est la fonction d’un système d’informations hospitalier (SIH) qui a vocation à stocker l’ensemble des documents liés au parcours de soins du patient au sein de l’établissement, comme les prescriptions et les comptes rendus par exemple. 

Plusieurs éditeurs se partagent le marché des DPI en France, dont les principaux sont Dedalus, Softway, Oracle Health, Maincare ou encore InterSystems. Certains DPI peuvent contenir des millions de dossiers patients, tous différents les uns des autres, ce qui engendre des difficultés à trouver rapidement une information.

Le rapport d’IDC, commandé par InterSystems, intitulé “Digital Evolution in Healthcare. Shaping the future of EHR”, précise que 70% des organismes de santé européens investissent activement dans un DPI : 51% travaillent à l’extension des fonctionnalités de leur solution actuelle, 21% travaillent à leur maintien et 22% investissent dans une nouvelle solution.

Le rapport avance que d’ici 2027, le secteur de la santé économisera jusqu’à 382 Mds $ en optimisant considérablement les flux de travail cliniques, opérationnels et administratifs grâce à l’automatisation intelligente.

Panorama des initiatives dans les établissements

Les initiatives naissent dans les établissements eux-mêmes, qui veulent personnaliser les fonctionnalités de leur DPI. Les données issues des soins constituent une ressource précieuse pour les établissements, qui mobilisent des modèles d’intelligence artificielle (IA) générative et agentique pour tirer des informations de leurs logiciels alimentés quotidiennement par les équipes de soin. Les outils qu’ils développent servent à fluidifier la prise en charge des patients, améliorer les résultats cliniques ou alléger la charge administrative. Voici un échantillon de projets menés au sein d’établissements de santé, pour lesquels les éditeurs ne sont pas systématiquement associés comme partenaires technologiques. 

Le Chu de Nantes capitalise sur les données pour la recherche et la prise en charge

Certains établissements, comme le CHU de Nantes, ont misé tôt sur les entrepôts. Le CHU nantais a lancé dès 2015 sa “clinique de données” qui rassemble 130 millions de données structurées. Cette date coïncide avec le déploiement du dossier patient informatisé (DPI) en mai 2015 dans les unités de soins. La clinique de données permet, par l’intermédiaire de l’EDS (intégrant les données des DPI), de “mieux repérer des besoins et des caractéristiques particulières pour l’ensemble des patients” afin, in fine, de “déployer des projets de recherche ou encore de développer la médecine personnalisée” a indiqué Pierre-Antoine Gourraud, fondateur de la clinique de données, préfigurateur du comité éthique et scientifique des EDS du CHU de Nantes. 

Un “changement de paradigme” s’est opéré, dit-il, lorsque les EDS ont fait leur apparition. “Le CHU de Nantes, jusqu’alors producteur ponctuel de données, est devenu une véritable source de données de santé à fort potentiel de valorisation. L’objectif n’est plus seulement de produire de nouvelles données pour chaque projet, mais aussi —et surtout — de tirer parti de celles déjà collectées, en développant des usages secondaires” observe Pierre-Antoine Gourraud. 

Le CHU de Nantes et le Laboratoire des sciences du numérique de Nantes (LS2N) travaillent depuis octobre 2024 à des cas d’usages de modèles d’IA générative à l’hôpital, basés sur les données disponibles au sein de l’EDS. Ils concernent notamment “l’amélioration de la réponse aux patients, l’aide à la rédaction et au diagnostic, ou encore l’optimisation du codage des actes médicaux”.

Le CHU de Montpellier déploie un assistant aux urgences pédiatriques

Le CHU de Montpellier mène des expérimentations autour du DPI, au sein de son centre d’innovation baptisé Erios, un plateau technique cocréé en 2022 avec la participation de Dedalus et de l’Université de Montpellier. “Le centre Erios s’est donné pour mission de concevoir le DPI de demain” détaille Kévin Yauy,  Head of Generative AI lab, à mind Health.

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Article à retrouver dans La Lettre mind Health n°341 – novembre 2025
Jeudi 27 novembre 2025
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