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Doctolib
Au mois de juin 2020, Doctolib a annoncé que, désormais, les données personnelles de santé de ses utilisateurs seront chiffrées de bout en bout (lire encadré ci-dessous). Un travail mené avec Tanker, une start-up française créée en 2015 qui s’est donnée pour mission de “démocratiser” l’usage du chiffrement et de la cryptographie. Et qui aura duré plus de deux ans : “nous échangeons depuis 2017 avec les équipes de Tanker, dont la technologie de chiffrement de bout en bout nous semblait intéressante”, précise Doctolib à mind Health. En effet, Clément Ravouna, président de Tanker, explique qu’il cherchait à l’époque “un partenaire qui nous accompagne sur la partie infrastructure pour nous crédibiliser au maximum”. Aloïs Jobard, son chief technology officer (CTO), développe : “le travail s’est vraiment fait dans les deux sens. Au départ, nous avions mis au point un produit de sécurisation de Dropbox : Tanker chiffrait les fichiers avant qu’ils n’arrivent dans Dropbox, via un protocole de chiffrement de bout en bout. (…) Sur cette base, nous avons rencontré quelques soucis d’intégration avec Dropbox : nous étions un hack de sécurité, nous nous mettions autour. Cela posait des problèmes d’expérience utilisateur : certaines opérations devaient être effectuées en double parce que nous n’arrivions pas à nous intégrer suffisamment dans l’application hôte. Nous en avons conclu qu’il fallait que ce type de sécurité ne se positionne pas autour mais à l’intérieur.”
“Doctolib nous a beaucoup challengé”
La transition s’est faite en 2017, soit deux ans après la naissance de Tanker. “Une telle solution n’existait pas alors sur le marché, souligne Aloïs Jobard. Début 2017, nous avons décidé d’extraire le cœur de notre produit Dropbox et de le transformer, en gardant la technologie, en un SDK (software development kit), à savoir une librairie logicielle, utilisable par un développeur pour qu’il puisse appliquer le chiffrement de bout en bout dans son application. Il nous a fallu plus de six mois pour transformer le produit.” C’est cette toute première version, fournie début 2018, que Doctolib a d’abord essayée. “Puis Doctolib nous a envoyé en retour un cahier des charges, poursuit Aloïs Jobard. Nous sommes revenus vers eux un an, un an et demi plus tard, le temps de développer des fonctionnalités additionnelles pour fluidifier l’expérience utilisateur, pour rendre le chiffrement invisible aux utilisateurs finaux et pour que le produit soit utilisable dans n’importe quelle application grand public sans en impacter la performance, toujours en garantissant que ni les développeurs, ni les clients providers, ni Tanker ne puissent déchiffrer les données.