Une récente étude de l’Institut économique Molinari estime que si la téléconsultation et la téléexpertise représentaient 10% du volume total des consultations, cela permettrait de faire économiser à l’Assurance-maladie au moins un milliard d’euros par an, à qualité de soins égale. De tels chiffres vous paraissent-ils atteignables ?
Cette étude s’appuie sur des études anglo-saxonnes et part notamment du principe que la téléexpertise génère des téléconsultations. Les auteurs se sont appuyés sur les bases de l’Assurance maladie qui font état de 391 millions de consultations médicales par an. Trois grands postes d’économie apparaissent : les économies générées par les téléconsultations qui remplaceraient les venues aux urgences. Sur ce point, les 162 millions d’euros d’économies constituent un minimum puisque la plateforme SAS doit permettre une réduction de la venue aux urgences de l’ordre de 40 %. En revanche, s’agissant des 460 millions d’euros d’économies espérées sur le transport sanitaire, le modèle utilisé a du mal à s’appliquer en France puisque jusqu’à présent l’Assurance maladie, sous la pression des ambulanciers, n’a pas souhaité réduire l’enveloppe dédiée aux transports sanitaires, qui est de l’ordre de 3 milliards d’euros par an. Enfin, quant aux réductions de dépenses que permettraient les téléconsultations en médecine générale et par spécialité, l’évaluation repose sur des études parfois australiennes ou américaines, pays où les conditions de développement des téléconsultations ne sont pas les mêmes qu’en France. Aux États-Unis, où la consultation est de l’ordre de 150 dollars, les professionnels de santé ont, dans le programme Obamacare, un intéressement à réduire leurs coûts.
L’étude Molinari s’appuie sur une part de la téléconsultation de 10% ? Mais comment ce seuil a-t-il été fixé ? Pourquoi pas 15 ou 20% ?
Pourquoi pas plus, en effet. Cela pourrait même être 30% ou 40%, car on a aujourd’hui la preuve que la téléconsultation n’altère pas la qualité des soins, quand elle est bien réalisée.