D’après les données de l’Assurance maladie, 13 millions de personnes présentent un trouble psychique chaque année en France, et ce, sans distinction de milieu social ou d’âge. Trois millions de personnes vivent avec des troubles psychiques sévères, d’après Santé publique France, et 53 % des Français disent avoir été en souffrance psychique au cours des douze derniers mois, selon l’Ifop. La prise en charge des pathologies psychiatriques, que ce soit la dépression, l’anxiété, les addictions ou encore les insomnies, requiert l’intervention de professionnels de santé spécialistes. Cependant, face à la hausse de la demande et à la problématique de démographie médicale, les délais d’attente pour les prises de rendez-vous et les suivis peuvent être longs. Certaines entreprises ont décidé de combler ce vide en proposant des dispositifs médicaux numériques ou thérapies digitales (DTx pour Digital Therapeutics) dans le champ de la santé mentale. Mais ils peinent à intégrer le marché français, parfois faute de marquage CE, qui définit la frontière entre les applications bien-être et les thérapies médicales numériques en garantissant notamment la sécurité et la performance technique du dispositif. Mais aussi faute d’acceptation des dossiers d’évaluation par la Haute Autorité de santé (HAS), en vue, à terme, de demander un remboursement. Or, sans remboursement, difficile de construire un modèle économique viable.
Les soins par une thérapie numérique

La vocation d’une DTx n’est en aucun cas de se substituer à un rendez-vous médical. « Il s’agit d’un logiciel destiné à traiter ou à soulager une maladie, un trouble, une infection ou une blessure et pour lequel nous observons un impact thérapeutique positif« , explique Daphné Petrich, directrice France de HelloBetter, qui propose une DTx prenant en charge l’insomnie clinique.