FHIR enflamme – enfin – les foules

Né il y a 10 ans, le format d’échange de données FHIR (Fast Health Interoperability Resources) aura mis du temps à trouver son public. À voir, sur cette édition 2023 du congrès HIMSS, le nombre d’exposants qui font figurer sur leur stand le logo en forme de flamme pour signifier l’adoption ou la compatibilité de leur solution avec ce standard, il semblerait bien que FHIR ait enfin passé l’épreuve du feu.
Rappelons que FHIR est le dernier né des standards d’interopérabilité, développé par l’organisme international (à but non lucratif) HL7 International. « Pour comprendre l’utilité du FHIR, il faut remonter en fait à la fin des années 1980, à la naissance du format HL7 v2 », affirme Bobby Fredrickson, directeur des ventes de la plateforme de données 1upHealth (construite nativement dans le cloud en utilisant FHIR).
« C’était à l’époque la première tentative de créer un format de données standard pour permettre l’échange de données cliniques et administratives entre établissements de santé, poursuit-il. Ce format est encore très utilisé aujourd’hui (selon HL7 International, environ 95 % des organisations de soins de santé aux États-Unis utilisent HL7 v2, et il est adopté dans plus de 35 pays, ndlr) mais il a ses limites, car il existe au sein des établissements de santé encore tout un tas d’autres formats spécifiques à l’échange de certains types de fichiers : C-CDA pour les comptes rendus de patients, X12 pour les transactions avec les fournisseurs, etc. Certains de ces formats de données ont été créés il y a plus de 20 ans, à partir de formats antiques comme le XML ».
Interopérabilité et connectivité
« Il y a 10 ans, ajoute Bobby Fredrickson, Grahame Grieve, l’un des architectes de FHIR, s’est demandé pourquoi nous n’utiliserions pas les outils d’internet comme les API REST et JSON pour bâtir une nouvelle norme d’échange. Le format FHIR n’est donc ni plus ni moins que l’adaptation pour le domaine de la santé des formats de données que nous utilisons tous les jours, pour communiquer avec notre banque par exemple », résume-t-il.
Le principal intérêt du FHIR est son interopérabilité, c’est-à-dire qu’à la différence de son aîné, FHIR permet de communiquer facilement avec les appareils mobiles et les applications. Une qualité devenue une exigence à l’ère d’internet et des smartphones.
« C’est un standard qui permet, par exemple, de prendre des données de n’importe quel producteur de données de santé, de les inclure dans un dossier patient, de les mélanger avec d’autres sources de données comme les objets connectés, les smartphones, précise Bobby Fredrickson. In fine, c’est un standard qui permet de rassembler toutes ces données sous un seul format et d’offrir la fameuse vision “Patient 360” dont on entend partout parler.