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En dépit d’une vigilance accrue des pouvoirs publics et des professionnels de santé, la iatrogénie médicamenteuse est un phénomène complexe à maîtriser et à endiguer. Ce phénomène est encouragé par plusieurs facteurs, comme les prescriptions inappropriées, la nature imprévisible des interactions médicamenteuses, et le vieillissement de la population dans son ensemble.
La iatrogénie médicamenteuse est responsable de près de 200 000 hospitalisations chaque année, selon l’étude Iatrostat (récemment publiée) du réseau des centres régionaux de pharmacovigilance. L’étude, qui a été conduite en 2018, révèle que les accidents iatrogènes sont en augmentation près de dix ans après le rapport national sur la surveillance et la promotion du bon usage du médicament de Bernard Bégaud et Dominique Costagliola.
Parmi les 3 648 patients d’établissements publics hospitaliers intégrés dans l’étude Iatrostat, 8,5% d’entre eux étaient hospitalisés en raison d’un effet indésirable médicamenteux. En outre, le taux de mortalité après une hospitalisation pour un effet indésirable médicamenteux est estimé à 1,3%. Les personnes âgées, plus concernées par la polymédication, sont particulièrement à risque. Selon l’étude Iatrostat, la proportion d’hospitalisations est de 10,6% chez les personnes âgées de 65 ans et plus (contre 3,3% chez les enfants). Par ailleurs, un article paru dans le National Institutes of Health montre que la prévalence globale des prescriptions potentiellement inappropriées est estimée à 56,7% chez les personnes de 65 ans et plus.

“C’est un immense problème de santé publique” constate Clément Goehrs, ancien médecin de santé publique à l’origine du projet Synapse Medicine en 2017 aux côtés de Louis Létinier et d’Alicia Bel-Létoile. L’effet indésirable lié à la prise d’un ou plusieurs médicaments peut être évité dans 16,1% des cas, estiment les auteurs de l’étude Iatrostat.