S’assurer que l’innovation répond à des vrais besoins
Si l’innovation a comme objectif d’améliorer la prise en charge des patients et le travail des professionnels de santé, le transfert de technologie vise, lui, à permettre à cette innovation d’arriver le plus rapidement possible sur le marché. Cette étape essentielle suppose un accompagnement précoce, notamment pour confronter l’idée de départ à la réalité des besoins du terrain. “Notre grande force à l’Institut Curie est notre binôme centre de recherche – hôpital. Nous pouvons associer les idées issues du centre de recherche avec des besoins terrain des médecins ou des soignants”, fait valoir Cécile Campagne, directrice de la valorisation et des partenariats industriels de l’Institut Curie. Même logique aux Hospices Civiles de Lyon, où la direction de l’innovation portée par Armelle Dion est attentive à cette symétrie entre innovation et besoins terrain, et pas seulement ceux issus du soin ou de la recherche. “Nous essayons d’aller chercher des besoins dans d’autres secteurs de l’hôpital : logistique, administratif ou soignants non médecins. Nous avons aussi besoin d’innovation numérique, organisationnelle, managériale etc.”
Former les équipes
“La première étape-clé, notamment à l’hôpital, est de diffuser une culture tech transfert auprès des professionnels, médecins ou soignants, et de mettre en avant l’impact, souligne Cécile Campagne. Quand on propose une formation “brevet/licence”, cela n’intéresse pas grand monde à l’hôpital. Ils ont déjà très peu de temps, ce n’est pas pour leur prendre 2h sur une formation très théorique. En revanche, lorsqu’on leur dit qu’on va parler d’impact et de success story de l’établissement, ils peuvent se projeter, surtout si cela concerne leur domaine, et là ça marche !” Cela passe aussi par des formations adaptées (sujets, horaires de l’hôpital). “On ne dira pas la même chose à des physiciens médicaux et à des cadres de santé, poursuit Cécile Campagne. Il faut s’adapter au cas par cas pour leur apprendre les règles à suivre du transfert technologique bien sûr, mais aussi pour les emmener avec nous dans cette idée de l’impact final. Et si le seul créneau c’est le matin à 8h ou le soir à 18h, on s’adapte.”