Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus d’un milliard de personnes seraient affectées par une maladie mentale, qui peut réduire leur espérance de vie. Au stade du diagnostic, l’utilisation de biomarqueurs sanguins, digitaux ou encore cérébraux, suffisamment objectifs et quantifiables pour permettre d’identifier de façon précise une maladie psychiatrique, n’est pas encore exploitée. Conséquence : ce diagnostic est souvent tardif et les traitements non personnalisés. Le programme de recherche exploratoire en psychiatrie de précision, le PEPR Propsy, piloté par l’Inserm et le CNRS, et coordonné par le Pr Marion Leboyer, psychiatre à la tête de la Fondation FondaMental, entend justement découvrir des biomarqueurs de pronostic et de stratification en se concentrant sur quatre des troubles les plus invalidants : le trouble bipolaire, le trouble dépressif majeur, la schizophrénie et le trouble du spectre de l’autisme. L’objectif de ce programme de recherche lancé en 2022 et bénéficiant d’un financement de 80 millions d’euros sur 7 ans dans le cadre du plan d’investissement France 2030, est de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de ces pathologies, de développer des stratégies thérapeutiques ciblées et de créer une filière biomédicale de la santé mentale et des maladies psychiatriques pour en diminuer les coûts.
L’intérêt de la psychiatrie de précision

Les progrès de la recherche sont d’autant plus attendus qu’actuellement, les avancées dans le domaine de la psychiatrie de précision sont loin d’avoir franchi la barrière de la clinique. « Dans le domaine de la médecine en général, et de la psychiatrie en particulier, nous sommes confrontés à des problèmes de reproductibilité, estime Nicolas Glaichenhaus, professeur d’immunologie à l’Université Côte d’Azur, cofondateur de Psykonos, une start-up medtech spécialisée dans le diagnostic des maladies mentales. Si de très nombreuses études ont été publiées dans le domaine des biomarqueurs en psychiatrie, les résultats ne sont pas suffisamment robustes pour avoir conduit à la mise en place de nouvelles recommandations par la Haute Autorité de santé (HAS)« .