
À l’Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP), dans l’unité INSERM-Université Paris Cité U970 du PARCC, l’équipe du Pr Laure Fournier, professeur de radiologie et au sein de la chaire en imagerie biomédicale dans le cluster d’Intelligence Artificielle PRAIRIE-PSAI, a récemment fait une découverte avec l’aide de la radiomique, qui devrait conduire à une publication scientifique prochaine. « Nous cherchions à prédire si un type de cancer ORL était ou non associé au papillomavirus humain, car selon le cas, le traitement doit être plus ou moins agressif, rapporte le Pr Fournier. Le processus complexe de la radiomique nous a permis de découvrir un paramètre visuel que nous n’avions jusqu’alors jamais identifié. » Ainsi, le cancer ORL à HPV négatif est plus infiltrant, tandis que celui à HPV positif est plus ovalaire. Cette distinction était jusqu’à présent difficile à définir, car elle implique de correctement délimiter la tumeur. Cet aboutissement donne un exemple concret de l’intérêt de la radiomique, avec un potentiel usage à venir en clinique.
La radiomique : une méthodologie en évolution

La radiomique est une méthodologie de recherche destinée à faciliter la découverte principalement à partir de tout type d’imagerie (scanner, IRM, échographie). « La radiomique a été introduite en cancérologie, mais elle est aussi utilisée en cardiologie et en neurologie, car elle nécessite uniquement des images médicales« , indique le Dr Irène Buvat, physicienne, directrice du Laboratoire Imagerie, Radiothérapie Innovante et médecine des Systèmes (IRIS) à l’Institut Curie. « La technique est essentiellement utilisée à l’étape du diagnostic, mais l’intérêt est réel au stade du traitement« , ajoute Marjorie Villien, Business & Marketing Leader chez Philips.