Comment est née Nanobiotix ?
J’ai créé Nanobiotix en 2003, à partir d’un constat : aujourd’hui tous les médicaments sont créés à partir de molécules chimiques ou biologiques, qui sont soumises à la variabilité biologique des patients. En développant un médicament en oncologie, on est jamais sûr qu’il va fonctionner sur les patients et toutes les cellules cancéreuses. Notre approche est totalement différente et nouvelle, elle met la physique au service de l’oncologie. La physique a l’avantage d’être quelque chose d’universel. Des produits qui ont un mode d’action beaucoup moins influencé par la biologie, peuvent potentiellement s’adresser à des millions de patients.
NBTXR3 est le premier produit que vous avez développé. Quel est son principe ?
NBTXR3 est une suspension de nanoparticules d’oxyde d’hafnium, conçue pour augmenter la dose de radiothérapie absorbée et déposée à l’intérieur des cellules tumorales sans accroître la dose dans les tissus sains environnants. L’action de la radiothérapie consiste à détruire une tumeur présente dans le corps. Pour la détruire, on envoie des rayons qui passent à la fois dans les tissus sains et la tumeur. Cette énergie que l’on dépose aussi dans les tissus sains, engendre des effets secondaires et limite la dose qu’on peut délivrer à l’intérieur de la tumeur pour la détruire. L’outil que nous avons développé permet d’augmenter la dose de radiation dans la tumeur sans l’augmenter dans les tissus sains. Ces nanoparticules sont suffisamment petites pour être injectées directement dans la tumeur. Elles absorbent les rayons de la radiothérapie et permettent d’endommager de manière beaucoup plus efficace la tumeur, sans augmenter les dommages à l’extérieur de la tumeur.
Où en est le développement de ce produit ?
NBTXR3 a été testé sur plus de 500 patients, pour différentes indications (cancer de la prostate, du poumon, du pancréas, du rectum, de la tête et du cou, du foie).