Le 13 octobre, une proposition de loi visant à « accélérer le développement de la médecine nucléaire thérapeutique en oncologie« , en particulier la radiothérapie interne vectorisée (RIV), a été examinée par les sénateurs en première lecture. Présenté à l’initiative du sénateur de la Moselle, Khalifé Khalifé, ce texte entend s’attaquer aux freins de cette stratégie thérapeutique innovante contre le cancer.
Une composante de la médecine nucléaire

Comme le précise France Biotech dans son rapport Médecine nucléaire : enjeux et besoins pour structurer une filière innovante autour du traitement par radiothérapie interne vectorisée de 2025, la RIV s’inscrit de plus en plus dans une médecine de précision. Elle est une composante de la théranostique. Cette dernière consiste à utiliser, chez un même patient, deux médicaments radiopharmaceutiques dirigés contre la même cible moléculaire : l’un à visée diagnostique, pour visualiser la cible par imagerie et sélectionner le patient, l’autre à visée thérapeutique, la RIV donc, pour traiter la maladie. La production d’un médicament radiopharmaceutique requiert un radionucléide (radio-isotope) qui va émettre les radiations ionisantes ; un vecteur (peptide, anticorps ou petite molécule), qui va déterminer la pharmacocinétique, c’est-à-dire le comportement dans l’organisme, donc en particulier l’interaction avec la cible ; et le chélateur qui fixe le radionucléide au vecteur et stabilise l’architecture du radiopharmaceutique jusqu’à l’atteinte de la cible. « Ce traitement systémique est injecté par voie intraveineuse dans la plupart des cas « , précise le Dr Désirée Déandreis, cheffe du service de médecine nucléaire à Gustave Roussy.
Les indications ”historiques”
« La RIV est une approche émergente, sa place reste donc marginale dans la prise en charge des patients, fait savoir Frédéric Girard, président de France Biotech. Pour autant, le besoin identifié est très important. » Le déploiement de cette approche de la médecine nucléaire est notamment lié à la mise sur le marché de deux traitements de Novartis, qui permettent de traiter pour l’un la tumeur métastatique de la prostate et pour l’autre les tumeurs neuroendocrines gastro-entéro-pancréatiques (TNE-GEP) inopérables ou métastatiques.