Le phénomène de “patent cliff” (ou falaise des brevets) désigne la période pendant laquelle les laboratoires vont perdre le brevet de leurs “blockbusters”, ces médicaments vedettes dont le revenu annuel généré dépasse le milliard de dollars. Cette expiration ouvre légalement la porte aux concurrents pour produire des copies conformes à moindre coût : les génériques (pour les molécules chimiques) ou les biosimilaires (pour les biomédicaments)

“C’est la première fois dans l’histoire de l’industrie pharmaceutique que nous sommes face à une telle échéance des brevets, qui pourrait engendrer pour les groupes pharmaceutiques une perte de chiffre d’affaires annuelle combinée de l’ordre de 400 milliards de dollars d’ici 2033”, explique à mind Health Ksenija Pavletic, General Partner et Chief Commercial Officer de la société de gestion Jeito. Le constat fait par le cabinet d’avocats EY dans leur rapport M&A Firepower 2026 est sensiblement identique, même si le mode de calcul diffère. “Nous suivons 25 très grandes entreprises pharmaceutiques et regardons, dans l’hypothèse où elles ne renouvelleraient pas leur portefeuille de médicaments, le revenu qu’elles auraient en 2032, détaille l’avocate Virginie Lefebvre-Dutilleul, qui dirige le secteur Life sciences & Health chez EY. Le delta entre le revenu global du secteur et ces 25 plus grosses entreprises pharmaceutiques s’établit à 370 Mds de dollars. Précisons qu’il ne s’agit donc pas, à proprement parler, d’une perte de revenus, mais d’un manque à gagner en termes de croissance”.
Le phénomène de “patent cliff” n’est pas nouveau. Au début des années 2010, huit des médicaments parmi les plus vendus au monde ont vu leur brevet arriver à échéance, parmi lesquels le célèbre Viagra et le Lipitor.