
En mars dernier, Mark Zuckerberg, le patron de Meta, faisait une annonce « choc » : l’investissement le plus important du groupe ne porterait désormais plus sur le métavers – dont l’entreprise tire son nom – mais sur l’intelligence artificielle. Exit le métavers ? Pour le géant de la tech, il semblerait que oui. “Pendant un an, il y a eu beaucoup de hype très positive autour du métavers, considéré comme le futur dans le domaine de la santé, et ce jusqu’à l’annonce de Meta, considérée comme un abandon du métavers”, rappelle Jérôme Leleu, directeur général de Sim for Health. Après l’euphorie, le métavers a donc atteint une autre échelle dans la courbe de Gartner, à savoir la désillusion. “Pour autant, la réalité est plus subtile, tempère-t-il. La vision de l’entreprise Meta ne représente pas le métavers universel.” Il n’y aurait donc pas un métavers, mais des métavers.
Quelle définition ?

Pour commencer, quelle définition retenir ? En février 2022, dans une lettre de mission, les ministres de l’Économie et de la Culture ainsi que le secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques ont souhaité “la mise en place d’une mission exploratoire sur le développement des métavers afin d’apporter des éclaircissements sur les enjeux qu’il représente pour la France”. Les rapporteurs ont ainsi défini le métavers comme “un service en ligne donnant accès à des simulations d’espaces 3D temps réel, partagées et persistantes, dans lesquelles on peut vivre ensemble des expériences immersives. On peut y accéder avec ou sans visiocasque, et/ou commercer avec ou sans technologies de registres distribués.” Difficile, pour le moment, d’être plus précis sur cette technologie, qui en porte de nombreuses autres : la réalité virtuelle, la réalité augmentée, la réalité mixte ou encore la simulation immersive.