Lancé en début d’année 2024, le Programme et équipement prioritaire de recherche exploratoire (PEPR) MED-OoC (organoïdes et organes sur puce), co-dirigé par les équipes du CEA-Irig, du CNRS et de l’Inserm, a été labellisé par le Plan d’investissement d’avenir France 2030. Ce programme dispose d’une dotation de 48,4 millions d’euros sur six ans pour notamment réaliser des essais cliniques en médecine personnalisée intégrant des organes sur puce. Preuve que la filière nourrit des espoirs.
Un environnement contrôlé miniaturisé

Les organes sur puces (ou OoC pour organ on a chip) représentent une nouvelle technologie permettant, à partir de cellules humaines, primaires ou dérivées de cellules souches, d’établir des modèles d’organes, conçus pour reproduire les caractéristiques et fonctions physiologiques des organes humains. À la croisée de l’ingénierie cellulaire et tissulaire (organoïdes, tapis cellulaires, etc.) et de la microfluidique, ces dispositifs, dont les écoulements sont miniaturisés, contiennent des structures cellulaires mimant des organes vivants dans un microenvironnement contrôlé. C’est en 2010 que le premier organe sur puce a été développé, reproduisant la respiration d’une alvéole pulmonaire. ″ Les organes sur puce peuvent aussi bien mimer des conditions physiologiques que pathologiques ce qui permettrait, à terme, de mieux prédire les réponses aux traitements attendues chez l’homme, y compris pour des maladies non modélisables à ce jour ″, résume Jean-Dominique Guitton, chargé de mission stratégique et scientifique au sein du pôle de compétitivité BioValley France, qui travaille à la mise en place d’une communauté regroupant concepteurs, fabricants et utilisateurs des organoïdes et organes sur puce. Ils ont été conceptualisés en réponse à un besoin de nouveaux modèles biologiques, ″ car les modèles en 2D ont montré leur limite, pointe Stéphanie Descroix, directrice de recherche au CNRS, cheffe d’équipe de recherche Macromolécules et microsystème en biologie et médecine à I’Institut Curie.