Avec une quantité toujours plus importante de données à gérer, partager et sécuriser, les acteurs de la santé doivent aujourd’hui concilier des problématiques de sécurité, de confidentialité, de traçabilité et d’interopérabilité. Depuis quelques années, la technologie blockchain, qui propose de sécuriser des données sur des registres décentralisés, en les cryptant selon un processus dit de “tokenisation”, offre une réponse à ces enjeux.
Le fonctionnement de la blockchain
La technologie blockchain permet de stocker de la donnée. Mais contrairement aux technologies de stockage classiques, trois facteurs caractérisent la blockchain :
- Les données sont distribuées à travers le réseau. Elles ne sont pas centralisées en un endroit donné mais inscrites dans un registre (ledger) qui est distribué. “Chaque partie prenante possède un petit registre sur lequel il va voir les transactions réalisées sur ce réseau blockchain”, explique Patrice Van de Velde, président de la société spécialisée dans la blockchain Unblocked,
- Les transactions réalisées sont immuables. Il est impossible de revenir en arrière une fois que la transaction a été validée dans le réseau,
- La blockchain est ultra sécurisée car elle est basée sur un certain nombre de protocoles cryptographiques.

La technologie blockchain permet donc de stocker et transférer des informations, de tracer les données et les opérations réalisées dans son réseau, ceci dans un cadre sécurisé. Des caractéristiques intéressantes pour le monde de la santé, qui produit toujours plus de données et a besoin de les partager, tout en apportant des garanties strictes quant à leur protection et leur utilisation.
Quels usages de la blockchain en santé aujourd’hui ?
Philippe Ogier, fondateur et CEO de Droon, liste plusieurs cas d’usage de la blockchain en santé autour de deux grands piliers : confidentialité et traçabilité. “La blockchain permet la protection de la confidentialité des données personnelles et de santé, d’en prévenir les divulgations non désirées. Elle permet également l’indexation et le rattachement des données autour d’un même patient, ce qui permet d’orchestrer le partage entre divers acteurs, mais aussi de suivre son consentement.”