Quel constat dressez-vous de la situation démographique dans le Tarn Sud ?

Dr. Marie-Noëlle Cufi. L’endroit où je travaille est un endroit très vieillissant, avec un indice de vieillissement de 1,25 [le rapport de la population des 65 ans et plus sur celle des moins de 20 ans, ndlr] par rapport à la situation nationale. Il y a beaucoup de précarité et des problématiques d’accès aux soins propres au milieu rural. C’est aussi un territoire enclavé, entouré par des zones montagneuses (cf. encadré sur la géographie du Tarn).
Il y a quelques années, un territoire entier des Monts de Lacaune avait été privé de médecin pendant plusieurs mois.
Il y a une Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) qui couvre l’intégralité de notre notre bassin de santé, c’est à dire qu’il n’y a qu’un seul interlocuteur pour les soins de premier recours et pour le libéral. C’est ainsi très commode.
Comment est né le Tiers-Lieu d’Expérimentation RI2S ? Quelle est votre implication dans ce projet ?
M-N C. Je suis impliquée à la source du projet RI2S. Avec les partenaires locaux du consortium (cf. encadré sur les chiffres clés), nous avions déjà fait des expérimentations et étions déjà lauréats d’appels à projets d’ampleur régionale par le passé. Nous nous sommes demandés en quoi le numérique pouvait nous aider à réduire les distances géographiques et permettre de structurer les filières. Nous souhaitons également améliorer le lien ville-hôpital pour perdre moins de temps et partager les informations avec plus de pertinence et moins de redondance. Nous nous posions déjà toutes ces questions depuis plusieurs années avant de proposer ce projet de tiers-lieu sur le numérique en santé. Le Gérontopôle-CHU de Toulouse, qui a rejoint le consortium, nous a ensuite apporté sa caution scientifique et de recherche.
Quelle population senior visez-vous exactement ?
M-N C. Nous ciblons les personnes âgées de 75 ans et plus, vivant dans le Tarn Sud, dans un territoire essentiellement composé de montagne et de plaine.