Dans la torpeur du mois d’août, le centre hospitalier d’Arles a rejoint cet été la longue liste des hôpitaux français victimes de cyberattaque ces derniers mois. « L’attaque a notamment touché des postes de travail, certains serveurs avec les données qu’ils contiennent et les dossiers patients informatisés qui ne sont plus accessibles », révélait dans la foulée Laurent Donadille, directeur de l’hôpital d’Arles. Les logiciels administratifs de ressources humaines ont également été bloqués. Un cas loin d’être isolé.
Plusieurs hôpitaux touchés
Un peu plus tôt dans l’année, les hôpitaux d’Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et la Fondation santé des étudiants de France (FSEF), qui gère treize cliniques de soins non urgents, ont eux aussi subi des attaques malveillantes, les obligeant parfois à travailler en mode dégradé.
À Saint-Gaudens, la prise en charge des patients a pu globalement continuer, même si tout était « beaucoup plus long », selon la directrice des services économiques et de la logistique, Stéphanie Baux.
1 tentative d’attaque par semaine
De son côté, l’hôpital d’Arles s’est réorganisé, prenant les transmissions infirmières sur papier et remplissant les dossiers patients à la main. Néanmoins, « la prise en charge des patients a pu être maintenue sans nécessité de réorientation vers d’autres centres hospitaliers », a fait valoir son directeur, interrogé par Le Figaro.
Les établissements de santé n’ont plus le choix: ils doivent aujourd’hui faire avec une menace qui ne cesse de se développer. « Dans le secteur de la santé, il y a en moyenne une tentative d’attaque par semaine », souligne Charlotte Drapeau, Cheffe de bureau Santé et Société de l’ANSSI, l’Autorité nationale en matière de cybersécurité et cyberdéfense.

60% des incidents de sécurité déclarés sont d’origine malveillante
Les chiffres compilés par le CERT Santé dans son rapport 2020 l’attestent : la part des incidents d’origine malveillante est en constante augmentation depuis trois ans. Ils sont passés de 41% en 2018, 43% en 2019, à 60% en 2020. En clair, 60% des déclarations d’incident reçues par le CERT Santé sont d’origine malveillante.
Et l’état de la menace est sensiblement le même en 2021. “Les menaces arrivent par vagues. Certains mois, le CERT Santé peut envoyer 2 voire 3 alertes critiques. Mais d’autres mois, il n’y en a pas”, précise Emmanuel Sohier, Responsable du CERT Santé à l’Agence du Numérique en Santé, dont le rôle de vigie consiste notamment à alerter les acteurs de la santé des vulnérabilités en cours.
295 signalements au premier semestre 2021
Au premier semestre 2021, le CERT Santé a traité 295 signalements, selon les chiffres transmis à mind Health fin août, avec un pic entre les mois de janvier et d’avril. Un chiffre en augmentation de 81.6 % par rapport au premier semestre 2020. La moitié des signalements concernent des incidents d’origine malveillante, de nature diverse :
- Rançongiciel (ransomware) : 31%
- Phishing : 24%
- Compromission de compte d’accès à distance (webmail, VPN, …)