Un start-up studio – aussi appelé venture studio ou venture builder – est une entreprise dont l’objectif est de créer plusieurs start-up à la suite. Certains sont spécialisés, d’autres ont une vocation plus généraliste. Ce modèle remonte à la deuxième moitié des années 1990, avec la naissance d’Idealab aux États-Unis. En France, ce modèle est arrivé plus tard, “vers la fin des années 2010”, indique à mind Health Pierre Gillet, directeur d’investissement du fonds French Tech Acceleration chez Bpifrance.

Le Fonds French Tech Acceleration, créé en 2015, a permis de faciliter l’émergence de ce type de structures en France. Il a été créé au départ avec une stratégie d’investissement assez large destinée aux incubateurs et accélérateurs privés. À son arrivée en 2020 chez Bpifrance, Pierre Gillet a réorienté la stratégie du fonds II vers les studios. “Le business model des incubateurs et des accélérateurs était très compliqué, nous avions une grosse inconnue sur la liquidité et nous ne savions pas comment sortir de ce type de structure. Au sein des start-up studios, nous pouvions identifier une liquidité et un retour sur investissement” a-t-il expliqué.
Selon les estimations de Bpifrance, il existe aujourd’hui “une centaine de studios” en France, sur “un millier de studios dans le monde”. Si “près de la moitié » se situent aux États-Unis, la France représente “20 à 25% du marché européen”, ajoute-t-il. “La majorité des studios sont plutôt axés sur le numérique”. En France, “une vingtaine de studios seulement sont spécialisés dans la santé au sens large” constate Pierre Gillet. La biotech et la medtech sont les deux filières les plus représentées, au détriment du domaine plus récent de la e-santé.
Même si le modèle n’est pas encore installé, Bpifrance témoigne de premiers retours d’expérience prometteurs. “Un studio nous a déjà remboursé trois fois la mise. Nous attendons dans les deux à trois prochaines années cette confirmation avec d’autres studios qui arrivent à un certain niveau de maturité”, confie Pierre Gillet.
Beaucoup de candidats, peu d’élus
Investis financièrement dans les projets qu’ils incubent, les start-up studios mènent des processus de sélection stricts. Il y a donc moins de start-up qui rejoignent leurs rangs que dans les incubateurs classiques. Avant de donner leur feu vert, la viabilité des projets est étudiée longuement. “Beaucoup de sociétés se lancent sans idée claire du parcours réglementaire, de l’accès au marché et du temps que cela va prendre de se connecter à des logiciels médicaux, observe Stéphane Tholander, cofondateur d’Agora Health. Dans l’idéal, nous voulons valider les idées avant de créer la structure. La validation vient aussi de l’usage, à travers la réalisation de MVP [Minimum Viable Product, ndlr] ou de PoC. Nous voulons avoir une idée claire de la roadmap clinique et de l’accès au marché pour dessiner un business plan suffisamment robuste avant de créer une société.”