L’amende est importante, en tout cas très supérieure aux derniers signaux qui fuitaient de la Commission européenne ces dernières semaines. Après de nombreux mois de tergiversations, et alors que son enquête ouverte en juin 2021 est close depuis un an, selon plusieurs témoignages d’experts juridiques recueillis par mind Media, la Commission européenne a annoncé vendredi 5 septembre en fin de journée ses conclusions sur le comportement de Google dans les technologies publicitaires : le groupe américain abuse de sa position dominante pour mettre en oeuvre des pratiques anticoncurrentielles et se voit sanctionné de 2,95 milliards d’euros d’amende.
Des pratiques depuis “au moins” 11 ans
Google “a commis cette infraction en favorisant ses propres services de technologie d’affichage publicitaire en ligne au détriment des fournisseurs concurrents de services de technologie publicitaire, des annonceurs et des éditeurs en ligne”, a indiqué la Commission. Concrètement, celle-ci observe que Google a un double monopole : sur le marché des serveurs publicitaires pour éditeurs, avec son service (DFP), et sur le marché des outils d’achat d’annonces publicitaires programmatiques pour le web ouvert, avec ses services Google Ads et DV360.
La Commission a constaté que Google a abusé de ce double avantage “entre 2014 au moins et aujourd’hui”, en favorisant sa plateforme adexchange d’annonces publicitaires (AdX), et ce à double titre : dans le processus de sélection d’annonces géré par DFP, son serveur publicitaire pour éditeurs ; et dans la manière dont ses outils d’achat d’annonces publicitaires Google Ads et DV360 soumettent des offres sur les bourses d’annonces publicitaires.