C’est une mini-crise que traversent les Cnil européennes pour faire appliquer le RGPD. Avec en toile de fond une interprétation divergente du texte et la façon de l’appliquer de façon homogène à certaines grandes plateformes. Un reproche récurrent de la part de professionnels de la publicité depuis l’entrée en application du texte en mai 2018.
Noyb, l’association autrichienne pour la protection des données personnelles en Europe, présidée par l’activiste Max Schrems, a publié samedi 4 décembre un nouveau texte pour dénoncer les supposées manœuvres de la Commission irlandaise de protection des données (DPC, Data protection commission), l’équivalent de la Cnil, qui chercherait ainsi accréditer les positions de Facebook concernant l’application du RGPD.
Noyb, qui a eu accès à la procédure en tant que plaignant contre Facebook depuis 2018, dévoile que la DPC a eu ces dernières années dix réunions avec Facebook au cours desquelles « ils ont discuté et se sont mis d’accord sur le contournement du RGPD » par Facebook.
Les documents dont l’association a eu accès montrent, selon elle, que la DPC « a tenté de faire passer cette dérogation pour tous les médias sociaux dans les lignes directrices relatives à l’application du RGPD édictées par le Conseil européen de la protection des données (EDPB), » l’organe central des Cnil en Europe.