Les progrès depuis deux ans dans le rendu des synthèses vocales alimentées par l’intelligence artificielle ont déjà convaincu une quinzaine de groupes médias français. Prisma Media, Le Monde, Le Point, Le Figaro, 20 Minutes, Sud Ouest, La Dépêche du Midi, mais aussi L’Express, Challenges, La Tribune, Brief.me, Numerama… depuis deux ans, de plus en plus de groupes installent sur leurs sites et/ou leur application une solution de text-to-speech. Soit une trentaine de sites d’informations.
Ces synthèses vocales, des technologies de transformation de mots ou d’expressions en audio en imitant la voix humaine, sont développées et commercialisées par les grandes plateformes ; essentiellement Microsoft, mais aussi Amazon et Google, et d’autres fournisseurs spécialisés. Leur qualité est satisfaisante mais pas suffisante pour qu’elles soient intégrées telles quelles.
Pour déployer ce nouveau service, les éditeurs s’appuient donc sur des sociétés audio spécialisées – en France, Odia, ETX Studio, Audion, Podle, et plus marginalement Global Player : ils entraînent et enrichissent les synthèses vocales pour parvenir à un rendu audio suffisamment qualitatif pour correspondre aux attentes des éditeurs – et de leurs lecteurs. Seul Le Monde a déployé son dispositif directement à partir de la suite audio de Microsoft.
Des stratégies opportunistes sur les usages audio
Pour les éditeurs de presse, le text-to-speech est un outil idéal pour proposer un nouveau service au lecteur et s’inscrire dans les usages audio, notamment en mobilité. L’objectif est de développer les usages et la visibilité de ce nouveau service, en pariant sur une utilisation plus massive dans les années qui viennent et, parfois, leur monétisation publicitaire. Pour un coût modeste, équivalent à quelques milliers d’euros par mois seulement quand la société prestataire a fait un effort commercial pour signer avec un éditeur comme référence client, un peu plus dans le cas contraire.
Les sociétés proposant ces solutions se placent dans l’immédiat dans une optique d’évangélisation du secteur et de visibilité. Elles proposent souvent des tarifs attractifs pour convaincre les éditeurs, traditionnellement réticents dès qu’il s’agit d’engager des coûts importants sans perspectives de rentabilité, afin de déployer leurs dispositifs sur un maximum de sites.