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AXA France
assurance dommages, assurance santé, assurance vie
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Chafika Chettaoui
Chief Data Officer AXA France depuis septembre 2022
La gouvernance des données a longtemps constitué un pan à part des politiques data des organisations, et encore plus sans doute dans les secteurs régulés comme la banque et l’assurance. En effet, la gouvernance visait essentiellement à répondre à des obligations réglementaires, se résumant dès lors à un poste de coûts et à des contraintes. Une inflexion s’est toutefois amorcée, et notamment au sein d’AXA. “Il y a dix ans, je n’avais pas le droit d’utiliser le terme de data gouvernance. On pouvait presque le qualifier de tabou tant le sujet était perçu comme exclusivement administratif ou associé à une obligation réglementaire”, note Chafika Chettaoui, qui a intégré AXA France en tant que chief data officer en septembre 2022, en provenance de Suez.
La donne aurait donc changé à présent. Et pour la CDO, l’intelligence artificielle a indéniablement contribué à ce mouvement. “Les entreprises ont acquis une meilleure compréhension de la nécessité de disposer de données, et d’une data de qualité, pour développer leurs usages de l’IA”, estime la dirigeante. Les ambitions en matière d’IA, et encore plus actuellement d’IA générative, ont donc replacé la gouvernance à son rang de fondation d’une stratégie d’entreprise. “Je n’éprouve plus d’appréhension à aborder le thème de la gouvernance. Et je pense que l’IA en est une des explications”, souligne Chafika Chettaoui.
Ce n’est cependant pas la seule. La gouvernance elle-même a fait l’objet d’une refondation. “Auparavant, dans les organisations, le data gouverneur n’entretenait aucun lien avec la partie analytics. Vous aviez deux fonctions distinctes : le data gouv officer et le chief analytics officer”, poursuit la CDO. Cette frontière étanche entre les usages des données et la gouvernance conduisait à initier des actions sans objectifs de création de valeur. “On faisait de la qualité pour la qualité, de la documentation pour la documentation. Ce n’était pas du tout efficace”, juge Chafika Chettaoui.
La gouvernance pilotée par la valeur et les cas d’usage
La qualité des données s’arbitre en fonction des usages. Pour la responsable data d’AXA, il était donc essentiel de rapprocher gouvernance et exploitation : “c’est absolument clé afin d’être concentré sur la vraie qualité à mettre en place. Cela permet aussi de fédérer davantage grâce à une démarche qui a du sens et qui est mieux comprise”.
La gouvernance n’est cependant pas une fin en soi. Elle accompagne une transition plus vaste visant à donner plus d’autonomie et de pouvoirs aux métiers dans l’utilisation des données. “Les métiers sont demandeurs”, observe Chafika Chettaoui.