“La souveraineté des paiements en Europe dépend du pay by bank. Les décideurs politiques doivent agir maintenant”, assenait dans un communiqué daté du 26 janvier l’ETPPA, l’association européenne regroupant les prestataires de services tiers (TPP) au titre de la DSP2 (deuxième directive sur les services de paiement). Une réponse à l’allocution d’Aurore Lalucq, présidente de la commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen, qui appelait à “organiser un Airbus des systèmes de paiements européens” face au duopole Visa/Mastercard. “Une solution du secteur privé existe déjà, lui répond l’ETPPA : une méthode de paiement européenne basée sur l’open banking”.
La BCE met en avant l’euro numérique et les banques répondent “Wero”
L’allocution d’Aurore Lalucq a beaucoup fait réagir. Si l’ETPPA a affirmé que “l’Airbus des systèmes de paiements européens” devait reposer sur l’open banking, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque de France, elles, le voient dans le futur euro numérique (lire notre article à ce sujet). Ainsi, dans un discours prononcé en avril 2025 devant la commission ECON du Parlement européen, le membre du directoire de la BCE Piero Cipollone assurait “qu’un partenariat public-privé est nécessaire pour conserver notre souveraineté. En tant que moyen de paiement européen souverain fondé sur la législation de l’UE, l’euro numérique constituerait la pierre angulaire d’un tel partenariat.” Et ce, en permettant “aux fournisseurs européens de services de paiement d’opérer à nouveau de façon autonome”.
Quant aux banques françaises, elles mettent plutôt en avant la solution Wero, leur wallet de paiement. “Pour ceux qui recherchent un Airbus européen des paiements, il est tout trouvé”, assure ainsi Daniel Baal, président du groupe Crédit Mutuel et de la Fédération bancaire française (FBF), sur Linkedin, en partageant l’annonce du protocole d’accord entre EPI (Wero) et les solutions nationales Bancomat, Bizum, SIBS et Vipps MobilePay. “Pourquoi vouloir concevoir un autre “Airbus des paiements” à partir de 0 alors que l’Europe dispose déjà d’un avion qui vole ?”, demande quant à elle Martina Weimert, CEO d’EPI, à Aurore Lalucq, avant de réclamer “un vrai partenariat public-privé”.