Partage des données : vers des bénéfices réels pour les clients et les institutions financières

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Pour Lisa Fiondella, chief data officer chez Finastra, la crise du coronavirus va accélérer le mouvement de partage des données induit par la nécessité de digitaliser les processus et de créer de nouveaux modèles commerciaux et de nouvelles méthodes de travail.
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Le partage des données n’est peut-être pas nouveau, mais les bénéfices réels qu’il apporte aux institutions financières, aux fintech et à leurs clients commencent à peine à se révéler. Cela est dû en partie au fait que la pandémie du coronavirus, la distanciation sociale et le télétravail qui en ont découlé, accélèrent la nécessité de digitaliser les processus, créant ainsi de tout nouveaux modèles commerciaux et de nouvelles méthodes de travail pour les banques. Bien sûr, le changement était en cours avant la crise, sous l’impulsion du mouvement pour l’open banking et de la mise en place de plateformes avec des interfaces d’application (API) ouvertes qui permettaient aux institutions financières de s’associer avec des fintech et de fournir les produits et services qu’attendent les clients. Ces initiatives s’accélèrent aujourd’hui, les banques adoptant la digitalisation pour pallier les fermetures temporaires de succursales.

Définir le partage des données

En tant que principe général, le partage des données peut être défini comme une approche pour donner accès, avec le consentement des clients finaux, à un ensemble de données pertinentes afin de faciliter une transaction ou une forme de commerce. Le mot « consentement » est important car les banques et leurs partenaires ont la responsabilité de gérer les données des clients de manière sûre et sécurisée, dans le respect des réglementations applicables en matière de protection de la vie privée.

Par exemple, si une banque souhaite proposer à ses clients un nouveau produit ou un service supplémentaire sur leur compte chèque existant, comme une application de budget personnel, les clients devront donner leur accord pour que leurs données soient partagées. Il en va de même pour une procédure de demande de prêt pour les petites et moyennes entreprises (PME), ou un système de modélisation de trésorerie proposé aux entreprises. Les entreprises comme les consommateurs doivent choisir de partager leurs données. Il existe cependant des exceptions, notamment lorsqu’il s’agit de données anonymisées. Une application complémentaire qui permettrait aux banques d’analyser des portefeuilles entiers pour déceler les facteurs qui font partir les clients pourrait être basée sur des données anonymes, par exemple.

Bénéfices pour les banques et pour les fintech

Le partage des données ouvre des possibilités immenses aux banques pour répondre aux nouvelles attentes des clients en proposant des produits et services innovants, et réduire le risque qu’ils partent à la concurrence. En écoutant leurs clients et en comprenant ce qui leur apporterait plus de valeur, les banques peuvent “relier les points” en faisant appel à des partenaires qui peuvent fournir les bonnes capacités.

Traditionnellement, les banques ont pu conserver une clientèle fidèle grâce aux relations personnelles établies grâce aux agences locales. Toutefois, les départs sont en hausse. Les fintech et les banques challengers ont en effet adopté une stratégie “digital first” et noué un nombre important de nouvelles relations car les particuliers et les entreprises sont à la recherche de produits plus attrayants et d’une meilleure expérience client. Grâce au partage des données, les banques traditionnelles peuvent offrir une approche “un seul point de contact” similaire à celle de fintech.

Le partage des données permet aussi aux banques d’accompagner leurs clients efficacement pendant toute leur vie en leur fournissant des services supplémentaires comme une assurance, des produits de placement, le paiement de factures, des virements transfrontaliers et les opérations de bourse. Ces services peuvent être proposés sous une seule marque, ce qui permet aux particuliers et aux entreprises de gérer plus facilement tous les aspects de leur vie financière tout en créant de nouvelles sources de revenus pour la banque.

Mieux comprendre le comportement des clients

Le partage des données avec les clients peut apporter d’autres avantages, notamment lorsque les banques envisagent de prêter aux PME. En accédant directement au bilan et au carnet de commandes de l’entreprise, une banque peut se faire une idée plus précise et plus dynamique de sa situation fiscale qu’en utilisant les méthodes traditionnelles comme l’examen des états financiers des trois dernières années. Il ne s’agit pas nouer des partenariats avec des fintech seulement pour proposer de nouveaux produits et services, mais aussi pour ajouter de la valeur ou de la sécurité aux services existants. Par exemple, une banque pourrait se connecter avec une fintech pour automatiser l’épargne sur les comptes courants ou les comptes chèques, ou pour renforcer la sécurité par l’authentification biométrique ou la surveillance des fraudes en cours de session.

De part sa nature même, la combinaison du partage des données et du processus de digitalisation est source d’efficacité et de précision, non seulement dans les relations avec les clients, mais aussi en interne, en rassemblant les données provenant de multiples systèmes liés aux produits et normalement non connectés. Le partage des données permet également de mieux comprendre le comportement des clients, quand et pourquoi ils achètent des produits et des services, et ce qu’ils sont susceptibles de rechercher à l’avenir.

Pour les fintech, le partage des données ouvre de nouveaux marchés, sous forme d’accès à la clientèle des banques pour leurs produits. Comparés à ce qui se passerait si elles avançaient en solo, les délais de commercialisation se réduisent et les volumes augmentent significativement. Les institutions financières ont une relation de confiance avec leurs clients ; dès lors, tout partenaire avec lequel elles prévoient de partager des données doit être soigneusement étudié et géré dans le cadre d’un code de gouvernance strict. Il faut notamment s’assurer que le partenaire utilise les technologies les plus récentes et les plus performantes pour tokeniser, crypter et sécuriser les données sensibles. Toutes les équipes concernées au sein d’une banque doivent être impliquées dans ce processus, y compris celles chargées des risques, de l’infrastructure informatique, de la sécurité et de la gouvernance des données.

Un futur axé sur les données

Le monde entier a changé à cause de la pandémie de la Covid-19. Il est impossible de savoir exactement quel sera l’impact de la crise dans les années à venir. Pour survivre et être compétitif, il sera nécessaire d’accélérer rapidement la digitalisation, d’accentuer la révision des pratiques et des politiques de gestion des risques et d’optimiser l’expérience client. De nouveaux processus de partage de données, qui semblaient très éloignés des normes il y a tout juste un an, comme la reconnaissance faciale dans les paiements, arriveront plus rapidement que prévu. Il est difficile de se préparer à l’inconnu, mais les institutions financières qui adoptent le partage rapide et sécurisé des données et tous les avantages qu’il apporte aux clients seront les mieux placées pour s’adapter aux nouvelles conditions de marché qui pourraient apparaître.

Lisa Fiondella

Depuis 2019 : chief data officer chez Finastra

2018-2019 : VP Analytics Products chez Experian

2013 – 2018 : présidente chez reFocus Analytics

2009 – 2013 : chief customer officer chez Reed Construction Data

2007 – 2008 : SVP Product & Business Development chez Fiserv

1987 – 2007 : divers postes de direction chez Equifax

Formation

1993 : Associate of Arts, Business Administration & Management, Daytona Sate College

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