Les fintech qui font appel à des banquiers d’affaires pour gérer leurs levées de fonds (à partir de la série A, mais pas systématiquement) ou leurs opérations de M&A (fusion-acquisition) et les banques en quête d’acquisitions de start-up pour se renforcer peuvent s’adresser à deux catégories d’intermédiaires. D’un côté, les banquiers d’affaires spécialisés dans la tech mais multisecteur. C’est le cas de Clipperton, de GP Bullhound (présent en France depuis deux ans), d’Avolta Partners, de FT Partners, de Cambon Partners, de Bryan, Garnier & Co (qui dispose d’un pôle tech et d’un pôle santé) ou encore de Rothschild Tech. Chez Clipperton, par exemple, “les partners sont spécialisés tech mais pas sur un secteur en particulier, car le marché fintech en lui-même par exemple nous semble trop étroit, estime Stéphane Valorge, managing partner. Mais un directeur, Baptiste Clair, prend en charge entre autres les opérations fintech et connaît donc bien le secteur.”
Les banques et fintech peuvent préférer se tourner vers les départements spécialisés des banques d’affaires, les FIG (Financial Institutions Group), ou bien vers des structures spécialisées sur les fintech. C’est le cas d’AEC Fintech, département fintech d’AEC Partners créé en 2016 et spécialisé dans le M&A pour les fintech. La structure a été lancée par deux anciens banquiers d’affaires, notamment passés par Lazard, Adrien Choquet et Stéphane Olmi.
Montants et type d’opérations
Toutes les banques d’affaires n’ont pas le même positionnement quant au spectre des opérations. Avolta Partners se place sur les levées de fonds de 3 à 40 millions d’euros mais “dans les faits, la plupart se situent entre 3 et 5 millions d’euros et ce que l’on recherche vraiment, ce sont les opérations entre 5 et 15 millions”, indique Arthur Porré, managing partner. “Dans l’idéal, nous visons des sociétés qui réalisent plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires.”
La plupart des autres acteurs acceptent plutôt des opérations plus importantes, hors exceptions : plus de 10 millions d’euros en moyenne chez Clipperton, “en deuxième voire troisième tours de table, syndiqués et internationaux”, mentionne Stéphane Valorge. Chez GP Bullhound, “nous gérons les levées à partir de 20 à 30 millions d’euros environ”, assure Guillaume Bonneton, partner, et chez Bryan Garnier, “à partir d’une quinzaine de millions d’euros, mais dans les faits surtout autour de 60 ou 70 millions d’euros”, énumère Greg Revenu, managing partner.