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R3
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Guillaume Dechaux
Managing director ConsenSys depuis août 2022
Le marché du financement du commerce international, ou trade finance, fait l’objet de multiples projets liés à la blockchain. Le consortium R3 en a fait dès sa création l’un de ses trois axes phares. Depuis, d’autres groupes d’acteurs se sont formés dans toutes les régions du monde, pour créer des produits concurrents. 2018 devrait voir émerger plusieurs plateformes à la technologie, au business model et au protocole différents.
Remplacer les lettres de crédit
Plusieurs des projets montés en 2016 visent à remplacer le processus actuel des lettres de crédit (ou crédits documentaires), cet instrument utilisé par les grandes entreprises pour sécuriser un paiement entre un importateur et un exportateur. Les banques garantissent au fournisseur d’être payé si la marchandise est conforme et à l’acheteur qu’il n’aura à payer que si la prestation est bien effectuée. Ces lettres de crédit sont régies par des règles édictées par la Chambre de commerce internationale. Elles nécessitent la vérification de l’authenticité par les banques d’une longue liste de documents, du bon d’expédition à la liste de colis en passant par des certificats d’origine ou des certificats sanitaires.
Les documents transitent de l’exportateur vers sa banque puis vers la banque de l’importateur. Ces vérifications manuelles et basées sur un traitement papier prennent du temps, coûtent cher et mobilisent de nombreuses ressources humaines au sein des banques. Surtout, “80% des lettres de crédit contiennent des erreurs et 70% d’entre elles sont rejetées pendant le process à cause d’erreurs de données”, commente David Nicol, chef de projet chez R3, qui s’est attaqué au sujet.
Les recherches de cas d’usage de la blockchain se sont donc naturellement portées sur l’adaptation de ces lettres de crédit vers un service permettant de digitaliser les documents (comme le font déjà certains acteurs comme Bolero avec des services de messageries électroniques) mais aussi de les sécuriser via une technologie de registre distribué. Les documents seront toujours vérifiés par des humains, mais ils seront alors certifiés sur la blockchain et y transiteront plus rapidement.
BBVA a ainsi annoncé ce 27 novembre avoir effectué un pilote avec la start-up Wave en réalisant une transaction utilisant une lettre de crédit entre BBVA Espagne et BBVA Bancomer au Mexique. La start-up avait déjà effectué un test similaire avec Barclays en 2016. BBVA explique que l’opération a été réduite de 7 à 10 jours en moyenne à 2 heures et demie. Les deux acteurs n’ont pas encore annoncé leurs projets pour la suite mais “BBVA est très satisfait et nous continuons de travailler”, assure le CEO de Wave, Gadi Ruschin.