Recenser et signaler les effets secondaires susceptibles d’être liés aux médicaments de leur portefeuille font parties des responsabilités des laboratoires pharmaceutiques et des exploitants. Or le nombre de déclarations augmentent ces dernières années. Dans son rapport d’activité 2016, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recense 29 963 cas d’effets indésirables graves déclarés via les laboratoires pharmaceutiques, contre 29 463 en 2015 et 26 478 en 2014. Les déclarations ne passant pas par les laboratoires sont également en augmentation avec 55 761 déclarations d’effets indésirables enregistrées en 2016 par les centres régionaux de pharmacovigilance dont 3 061 par des patients, contre 47 089 déclarations l’année précédente. Et Charlotte Clemens, responsable de comptes stratégiques de Talkwalker, cite une étude de Bloomberg en 2014 estimant que 90 % des effets indésirables ne sont pas signalés aux industriels de la pharmacie. Or les réseaux sociaux sont devenus des lieux d’échanges. “La santé est le 3e sujet le plus discuté sur Internet et un des plus recherchés sur Google”, indique estime Caroline Faillet, directrice associée de Bolero, cabinet de conseil en stratégie digitale.
Inclure une clause aux contrats de veille digitale
Ainsi, si les différents canaux sont toujours utilisés pour déclarer les évènements de pharmacovigilance, les entreprises du médicaments ne peuvent ignorer l’utilisation des réseaux sociaux pour faire remonter des alertes. “30 % des signalements faits aux laboratoires pharmaceutiques proviennent des réseaux sociaux”, estime Caroline Faillet (Bolero). Charlotte Clemens renchérit : “Bien souvent les patients ignorent le processus long et difficile de déclaration d’un effet secondaire et se tournent vers le web pour parler de leur problème via les blogs, forums et réseaux sociaux”.