Tout a débuté par un entrepôt de données comme les grands établissements hospitaliers savent désormais s’en doter. Sauf qu’au centre hospitalo-universitaire (CHU) de Rennes, les premiers prototypes ont vu le jour entre 2008 et 2009. Marc Cuggia est professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH) rattaché à la fois au Laboratoire du traitement du signal et de l’image (LTSI), une unité de recherche de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) basée à Rennes, et au CHU où il dirige l’unité fonctionnelle hospitalière “Fouille de données”, dépendant du centre d’investigation clinique (CIC). L’idée d’un entrepôt a émergé avec l’informatisation de l’établissement, en particulier du dossier médical. Il raconte : “très rapidement, nous nous sommes dit que ces données de soins avaient un potentiel de réutilisation pour d’autres sujets, notamment la recherche et d‘autres applications. Or, elles étaient cloisonnées et peu accessibles. Nos premiers travaux visaient à collecter ces données et les réunir dans un environnement permettant de les exploiter. Nous avons développé au sein du laboratoire une technologie que l’on a mise en oeuvre à l’hôpital, dans une logique d’utilisation pour la communauté médicale et pour des sujets d’exploitation tels que la recherche clinique, la pharmacovigilance, l’activité hospitalière, le codage notamment du PMSI, l’évaluation des pratiques… Tout un panel d’applications”. Et eHOP (pour Entrepôt hôpital) vit le jour. Cette base de données “extrêmement riche va intégrer des sources de données différentes, de façon sécurisée, puis se doter d’outils d’analyse et de fouilles de données pour croiser ces sources et en tirer des informations. Comme détecter des épidémies en temps réel, trouver des patients éligibles à un essai clinique ou faire une étude de faisabilité en quelques heures désormais au lieu de plusieurs jours ou semaines”. L’entrepôt permet ainsi “le croisement des données d’1,2 million de patients et leur exploitation en temps réel”.
Un guichet unique adossé à l’entrepôt
En pratique, l’entrepôt se compose de trois briques technologiques. La première, écrite et développée par Enovacom, société spécialisée dans les solutions d’interopérabilité du système de santé et qui a intégré Orange en 2018, permet de construire des flux de données jusqu’à l’entrepôt, donc d’intégrer les données.