En avril 2020, alors que la France est confinée pour endiguer la première vague de la COVID-19, les services de soins tentent d’anticiper la prise en charge des patients et le déconfinement annoncé pour mi-mai. C’est le cas notamment au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes. “Le président de la commission médicale d’établissement, Antoine Magnan, et le directeur du CHU, Philippe El Saïr, nous ont demandé comment bien suivre le déconfinement dans la région. Les premières discussions ont débuté le 28 avril. Le 13 mai nous étions prêts”, se remémore Pierre-Antoine Gourraud, professeur des universités et praticien hospitalier qui dirige la clinique de données du CHU de Nantes.
Anticiper l’afflux de malades
L’objectif est de pouvoir anticiper l’afflux de malades de la COVID-19 et ses conséquences pour l’établissement hospitalier comme la déprogrammation des opérations. “Notre rôle n’est pas de piloter l’activité du CHU. La clé est d’avoir des données pour décider. Mon équipe est experte de la recherche, nous connaissons la plateforme nationale (Geodes, ndlr) mais elle ne donne pas des informations très locales”, détaille le responsable de l’entrepôt de données de santé mis en place en 2018.
L’équipe de la clinique de données propose alors de “rassembler les données originaires de plusieurs entités légalement indépendantes pour faire de la multidata”, indique Pierre-Antoine Gourraud. Avant d’ajouter : “nous nous étions aperçus que les patients appellent SOS Médecins avec des symptômes cinq à sept jours avant qu’ils n’arrivent aux urgences ou qu’ils ne fassent appel au SAMU”.