Bien que 62% des adultes américains sont favorables à la légalisation de l’avortement dans leur pays, le sujet a toujours été très controversé outre-Atlantique. À tel point que le 24 juin 2022, la Cour Suprême des États-Unis a abrogé l’arrêt Roe v. Wade qui autorisait le recours à l’IVG sur tout le territoire depuis 1973, laissant la possibilité à chaque État d’adopter sa propre législation en matière d’avortement. C’est ainsi que 14 États, parmi lesquels le Texas, l’Indiana ou encore le Missouri, ont décidé de l’interdire et 7 autres d’en réduire drastiquement l’accès, comme la Floride, l’Arizona, le Nebraska ou encore l’Utah. Des millions d’Américaines sont donc désormais privées du droit d’avorter légalement, parfois même en cas de viol ou d’inceste. Les vingtenaires sont particulièrement concernées, puisque selon les Centers for disease control and prevention, plus de la moitié des avortements pratiqués aux États-Unis en 2020 (57,2%) concernaient des femmes âgées de 20 à 29 ans.
L’impact de cette décision sur la santé des femmes a fait l’objet de nombreuses études. L’une d’elles, menée par l’Université du Colorado, a démontré que l’interdiction d’avorter pourrait entraîner une augmentation de 21% des décès liés à la grossesse. C’est notamment le cas pour les femmes de plus de 40 ans et les adolescentes, pour qui mener une grossesse à terme est plus dangereux qu’avorter. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les mères de 10 à 19 ans et leurs nouveaux-nés sont en effet plus exposés à des risques d’éclampsie, d’endométrite puerpérale, d’infections, d’accouchement prématuré, d’insuffisance pondérale à la naissance et de pathologie néonatale grave.