Fin janvier, le président américain Donald Trump a de nouveau brandit la menace d’une hausse des droits de douane si la France n’augmentait pas le prix des médicaments sur son territoire. Ce contexte géopolitique a-t-il des conséquences sur vos négociations tarifaires ?
Virginie Beaumeunier : Contrairement à ce que déclare le président Donald Trump, les prix des médicaments n’ont pas été augmentés à cause de la politique américaine. Nous continuons de négocier les prix au fur et à mesure des arrivées. Nous avons également un important plan de baisse sur 2026 avec un objectif de 1,4 milliard d’euros. Nous verrons en fonction des volumes s’il est atteint, mais nous avons obtenu des accords avec des laboratoires, parfois après plusieurs phases de négociations. Nous continuons d’avoir des accords, mais nous sommes vigilants à la pression éventuelle que les laboratoires feront peser sur les prix, compte tenu de leurs enjeux sur le marché américain.
Mais le problème dépasse la France, les États-Unis ont sélectionné un panel de huit pays (Danemark,France, Allemagne, Italie, Suisse, Royaume-Uni, Canada et Japon) dans leur modèle GENEROUS afin d’aligner les prix des médicaments américains sur le deuxième prix le plus bas. Via le modèle GENEROUS, le programme Medicaid est donc concerné. Sur les autres programmes, notamment Medicare, les choses ne sont pas encore très claires. Il y a des négociations de prix sur le médicament, mais elles avaient déjà commencé du temps du président Joe Biden avec Inflation Reduction Act. Le sujet est plutôt : est-ce que les médicaments innovants vont arriver en France et en Europe ? Il faut donc s’assurer que nous allons encore arriver à négocier. Il faut être pragmatique, mais nous n’allons pas remonter les prix des médicaments en France et en Europe à cause du président Trump. Nous avons également des systèmes de sécurité sociale différents. Globalement en Europe, la plupart des médicaments et, en particulier, des médicaments innovants sont pris en charge. Ce n’est pas le cas aux États-Unis, mais les sécurités sociales européennes n’ont pas vocation à financer les défaillances du système de santé américain.