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Institut Gustave Roussy
Essais cliniques, Oncologie, Recherche
Vous avez dévoilé récemment votre plan stratégique 2030, avec comme axe principal l’ultrapersonnalisation en oncologie. Comment cela se traduit-il déjà au sein de Gustave Roussy ?
Gustave Roussy se concentre sur trois phases-clés : avant le diagnostic, la recherche du meilleur traitement une fois le diagnostic posé et enfin, le suivi du traitement. Dans le domaine de l’avant-cancer (prévention, dépistage), nous cherchons à déterminer, grâce aux algorithmes, le niveau de risque d’une personne en fonction de ses antécédents familiaux, de facteurs de risques génétiques, d’exposition environnementale, etc. Si ce niveau de risque est plus élevé que la moyenne, il est nécessaire d’adopter une stratégie de dépistage plus personnalisée. C’est ce que Gustave Roussy a mis en place dans le cadre du programme Interception, qui a débuté en janvier 2021 et porte sur trois grandes catégories de patients : les femmes à haut risque de cancer du sein, les fumeurs à haut risque de cancer du poumon et les patients déjà traités pour un cancer pédiatrique. Nous sommes en phase d’extension de ce programme dans d’autres pathologies, d’autres CLCC et d’autres structures de soins. À terme, chacun d’entre nous pourra faire ce score de risque et avoir accès à Interception à côté de chez lui. L’idée c’est que demain, on puisse détecter et orienter grâce au numérique, en fonction d’indicateurs tels qu’une modification clinique, biologique ou radiologique, ou parce que la personne est à risque.
Ceci pour diagnostiquer et agir au plus tôt ?
Oui, la possibilité de guérison est plus élevée pour des cancers en stade très précoce. Dans les stades plus avancés, la personnalisation des traitements se base sur la compréhension des mécanismes biologiques de la maladie. C’est un champ sur lequel Gustave Roussy s’est engagé depuis plus de dix ans avec le génotypage moléculaire de l’ensemble de nos patients. Auparavant, ce génotypage était réalisé sur un panel de gènes restreints et exclusivement sur le tissu. Aujourd’hui, nous traitons plus de 300 gènes et nous avons étendu ce génotypage sur le liquide, avec le protocole STING dans lequel plus de 2000 malades ont été inclus en 2021. L’objectif est, à partir de ces profils moléculaires, d’être capable de choisir les stratégies thérapeutiques adéquates. Notre particularité est d’avoir la plus large unité de développement de molécules de phase précoce en Europe.