La grand-messe annuelle des radiologues a dédié cette année toute une partie de son espace d’exposants à l’IA. Historiquement, la radiologie a toujours été le secteur médical le plus tôt imprégné par l’IA, comme en témoigne la liste mise à jour des dispositifs médicaux intégrant de l’IA publiée par la Food and Drug Administration (FDA) le 19 octobre dernier. Sur les 17 domaines de santé représentés, la radiologie est de loin celui où cette technologie est la plus appliquée (couvrant 77% des autorisations), devant les troubles cardiovasculaires.
Selon les estimations de Maximize Market Research, la taille du marché de l’IA dans l’imagerie médicale devrait passer de 1,72 milliard de dollars en 2022 à 14,9 milliards de dollars d’ici 2029. Des algorithmes et des techniques d’IA sont intégrés dans les systèmes d’imagerie médicale, tels que les rayons X, l’IRM, la tomodensitométrie et l’échographie. Ces solutions basées sur l’IA sont conçues pour améliorer la précision, l’efficacité et les capacités de diagnostic et combler les besoins en médecine plus personnalisée et prédictive. Les outils d’IA peuvent permettre, par exemple, de détecter et caractériser précocement des lésions difficiles à voir à l’oeil nu, accompagner les radiologues dans l’interprétation de mammographies ou encore améliorer la qualité des images en réduisant les bruits et en visant des scanners de plus en plus “low dose”.
L’IA omniprésente en façade
Mark Phillips, Head of Research and Medical Affairs chez Annalise.ai, une société spécialisée dans les solutions d’IA de triage, a fait le voyage depuis l’Australie pour suivre ce congrès. Sur la base de son expérience, Mark Phillips a pu constater trois vagues d’IA successives appliquées à l’imagerie médicale jusqu’à aujourd’hui. La première vague, dit-il, est “une IA qui cherche des problèmes à résoudre. A l’origine, l’IA a été poussée dans la pratique de la radiologie sans être véritablement centrée sur un cas clinique précis.”